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NON A CETTE EUROPE-LA

Par Raoul Marc Jennar

dimanche 23 décembre 2007

" L’histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements, mais elle justifie l’indicible espoir." (Jean Jaurès)

Le 4 février au congrès de Versailles : Waterloo pour la politique de gauche !

Les Chefs d’Etat et de gouvernement, les responsables politiques du libéralisme de gauche comme du libéralisme de droite ont refusé d’entendre les arguments de ceux qui veulent une Europe des citoyennes et des citoyens et non une Europe des banquiers et des hommes d’affaires, de ceux qui n’acceptent les transferts de souveraineté que pourvu qu’ils s’accompagnent de transfert de mécanismes démocratiques de contrôle, de transparence et de reddition des comptes, de ceux qui veulent une Europe conforme aux valeurs dont elle est historiquement porteuse.

Depuis le 29 mai 2005, aucun effort n’a été fait pour corriger les orientations d’une Europe qui est à juste titre perçue « comme un facteur d’appauvrissement et non de prospérité, comme une cause de régression et non de progrès » (N. Sarkozy, Ensemble, printemps 2007). Les engagements pris par le Président de la République n’ont pas été tenus. Le traité modificatif qui vient d’être signé le 13 décembre à Lisbonne ne modifie rien de ce qui était nouveau dans le traité établissant une Constitution pour l’Europe par rapport aux traités existants. Il ne modifie rien de ce qui justifiait les critiques apportées à la partie III du TCE.

Les raisons demeurent de rejeter ce traité

Les raisons de rejeter le TCE demeurent pour rejeter un traité modificatif qui, de l’aveu même de Mme Merkel, « ne va rien changer ». La Charte des droits fondamentaux traduit toujours un terrible recul par rapport à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme ; les orientations néolibérales des politiques européennes sont maintenues ; le statut et les missions de la Banque Centrale Européenne n’ont pas été modifiés ; les dispositions qui accentuent la perméabilité de l’Europe aux effets les plus néfastes de la mondialisation sont renforcées ; la politique de défense de l’Europe reste enfermée dans le cadre de l’OTAN ; dans ses rapports avec les pays du Sud, l’Europe poursuit ses pratiques paternalistes et continue de nier la souveraineté des autres peuples. Pas le moindre changement significatif n’a été apporté à ce qui a justifié le non du 29 mai 2005. Puisque rien ne va changer, notre refus ne peut changer.

Le PS aurait pu changer les choses...

Le traité modificatif n’a pu être ratifié qu’en adoptant une révision de la constitution française. Ce qui a demandé le soutien des 3/5e du Congrès qui s’est réuni le 4 février 2008 à Versailles. Le PS, en donnant la consigne de voter non aurait pu faire barrage à cette mascarade... Mais il ne l’a pas fait.

Les temps sont durs et l’avenir est incertain.
Faut-il pour autant se résigner ?
Notre horizon n’est pas celui d’une gauche en décomposition.
L’épreuve nous conforte.
Elle ne nous abat pas.

Extrait d’un texte de Raoul Marc JENNAR


Celui qui voit un problème, mais ne fait rien, fait aussi partie du problème.(Gandhi)