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La saga de Tessan et de l’Elze

jeudi 11 septembre 2008, par grand-Pierre

Quand les entreprises sont pourvoyeuses d’emplois, les collectivités n’hésitent pas à mettre la main au portefeuille. La réciproque ne semble pas vérifiée chez WELL...

Lorsque l’on reçoit un cadeau, doit-on le revendre quelques années plus tard à celui qui vous l’a fait ?

Une affaire ancienne

La municipalité du Vigan a récemment exhumé une délibération de son conseil, datée du 17 décembre 1992, conseil présidé par le maire de l’époque, Alain Journet.

Celui-ci rappelle aux conseillers que le 24 juin précédent, il avait été décidé de céder pour un franc symbolique la parcelle 1350 section B à la société COGETEX. Cette parcelle nouvellement cadastrée devant recevoir les futurs bâtiments de Tessan.

La COGETEX avait alors réalisé une opération de crédit-bail avec un pool de SICOMI (sociétés immobilières pour le commerce et l’industrie) - leader : Sté BATIMAP SICOMI - (cherchez NATEXIS, elle n’était pas loin !). Ce crédit-bail arrivant a son terme en août 2009, la Sté WELL deviendra le propriétaire de ces locaux.

Après la délibération de 92, la vente est conclue entre la SICOMI et la commune du Vigan pour le franc symbolique et Alain Journet précise aux conseillers :

..." Qu’au fur et à mesure des constructions (sur le site de Tessan), La mairie récupèrera les anciens bâtiments de COGETEX situés route de Coularou dont la valeur est bien supérieure à celle du terrain."

Il indique que toutefois, cette opération ne sera pas réalisée dans l’immédiat, ce qui autorise un délai pour la réflexion.

Cadeau !

Mais en fait, si réflexion il y eu, ce fut pour ne pas exiger de la SICOMI la restitution à la commune des locaux de l’Elze. Ceux-ci continuèrent donc d’abriter certains services de la société WELL jusqu’à aujourd’hui.

Un cadeau que l’on peut interpréter comme une volonté de conserver et de conforter l’employeur sur le site Viganais. Époque bénie ou les ventes de WELL crevaient le plafond ! Alors qu’à présent sa politique d’externalisation systématique de la fabrication n’en fait plus une pourvoyeuse mais plutôt une "fossoyeuse" d’emplois.

On peut donc raisonnablement se poser la question de savoir s’il est opportun que la Communauté des Communes rachète maintenant ces bâtiments assez peu reluisants (1,5 M/€ - travaux inclus - sauf erreur) alors qu’ils auraient du normalement revenir dans le giron du Vigan ?

Acheter, oui mais à quel prix ?

Entendons bien la question : La volonté de la CdC d’acquérir ce bâti n’est pas mise en cause, au contraire. Mais concernant la direction de Well, je trouve qu’elle ne manque pas d’air en prétendant revendre aujourd’hui ces friches industrielles à la CdC alors qu’il était convenu qu’elle les restitue, si l’on en croit la délibération de décembre 92 !

Certains argueront que WELL a participé au fond de re-dynamisation du bassin d’emploi, ce qui est bien. Mais ce fond concerne le bassin, notion très large géographiquement, et non uniquement le Vigan ou la CdC du Pays Viganais.

Renégocier l’achat

Cette affaire n’est probablement pas exploitable sur un plan juridique car, de toute évidence, la régularisation du contrat de crédit-bail n’a pas inclus la restitution des locaux de l’Elze. Mais Eric Doulcier, maire du Vigan a tenu a porter à la connaissance des délégués intercommunautaires la teneur de cette ancienne délibération pour leur meilleure information et à rencontrer Roland Canayer, le président de la CdC à ce sujet.

On imagine mal WELL rendre à César ce qui lui appartient ! Mais si médias et acteurs locaux voulaient se mobiliser sur ce sujet d’actualité, pourquoi pas réactiver la négociation et demander une remise de 50% sur le prix de vente avancé à la CdC ? Conserver une image de probité [ Droiture qui porte à respecter le bien d’autrui, à observer les droits et les devoirs de la justice] pour une enseigne comme WELL, ça compte aussi... Non ?

Feuilleton à suivre.

Messages

  • salut à toi

    j’ai mis hier déjà une partie de ton texte avec référence à ton site et recommandation adéquate dans la page semaine du 8 au 14 sur mon blog
    vazyvoire !

    amicalement
    andre-charles

  • Illustration de l’adage :"profits privés, pertes publiques". Par respect pour celles et ceux qui ont donné des années de leur existence (et parfois beaucoup plus) à la "Coge" en échange d’un modeste salaire, il faut faire jouer la clause de retour au donateur(ou dans le pire des cas pour l’Euro symbolique).Hors de question de faire payer une seconde fois le contribuable.(Quelle personne ou sté privée, accepterait de payer une seconde fois ce qu’elle avait acquis et offert pour le franc symbolique). Si celà s’avérer juridiquement impossible, il faut renoncer à cette acquisition et laisser le marché agir. Si un acheteur (porteur de projet) se présente (Vu l’état des locaux et le prix, celà serait surprenant) la collectivité pourrait choisir l’acquisition par DPU ou laisser aboutir un projet privé jugé porteur d"emploi.

  • Il vous sera très certainement reproché de ne pas tenir compte du bienfait d’une société comme WELL tant qu’elle a été là.
    800 familles au travail,
    Taxe pro énorme
    Emplois dérivés
    Et ce pendant des années.
    Même si l’enterrement de WELL est un coup mortel pour notre ville, il n’en était pas moins prévisible et comme je le dis toujours gérer c’est prévoir ce que notre brillant élu de l’époque n’a pas fait....
    C’est lui qui a signé ce contrat bidon et avec ses copains qui sont allés en prison à sa place il devrait méditer là dessus....