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Les gardiens du temple

dimanche 23 mars 2014, par grand-Pierre

Comment concilier intransigeance politique et élections municipales dans une ville de moins de dix mille habitants ?
Où s’arrête l’ouverture et où commence le compromis ?
Le débat est ouvert...

Des coups à prendre

Pas évident pour certains, à l’occasion de ces municipales, de confronter leurs idées aux réalités pour se jeter dans la mêlée de la campagne, quitte à accepter quelques compromis ; à ramasser peut-être quelques coups aussi à cette occasion.

Bien sûr, il ne s’agit pas d’appliquer n’importe quelle politique à la cité. Le service des intérêts personnels, le clanisme, le clientélisme sont bien évidemment à proscrire. L’intérêt général passe avant les personnes. L’équipe qui devra gérer la ville aura forcément une vision du futur pour les administrés et le challenge à réussir portera sur le moyen, voir le long terme. Il faudra de la ténacité, de l’énergie et de la passion pour exercer ce "métier" qui ne vous est que prêté par la république et les électeurs pour six petites années et que vous devrez exercer, si possible, avec un maximum de compétence.

Vos projets aboutis seront souvent considérés comme une chose allant de soi tandis que vos moindres faux-pas seront sanctionnés par une critique immédiate et sans appel ! C’est le jeu.

Pragmatisme

Ces élections favorisent le pragmatisme de ceux qui souhaitent vivre leur ville et y prendre leurs responsabilités ; au détriment des positions dogmatiques des plus intransigeants, refusant toute cohabitation et auxquels finalement les habitants n’attachent que peu d’importance. Je ne parle pas ici des listes qui se mettent en ordre de bataille mais bien de ceux qui refusent d’y participer malgré l’ouverture lorsque celle-ci leur est proposée.

Ce sont les "vigilants". Ceux sans le regard desquels les pires dérives se produiraient. Ils gardent le temple de la révolution. Ils condamnent sans appel ceux des leurs qui se risqueraient au dehors du sérail pour prendre leur part de responsabilités dans le conseil municipal.

Plutôt que de participer à la gestion de la ville, ceux-là qui rêvent précisément de justice sociale et qui en discutent passionnément entre eux en réunion, restent au bord du chemin municipal, quitte à revêtir l’hermine du juge inflexible pour mieux étriller l’équipe aux affaires à chaque fois qu’une occasion se présentera.

Le Vigan et ses 4092 habitants

La cause est belle certes de la justice. Le chantier énorme. Le monde doit évoluer. Un nouvel éco-socialisme devrait voir le jour. Mais ne confondons pas le vaste monde ni la nation avec notre petite sous-préfecture ! Elle aussi à le droit de fédérer les énergies pour mettre sur pied un projet d’avenir.

Alors, comment prendre au sérieux ces donneurs de leçons qui craignent de mettre les mains dans le moindre cambouis ; qui redoutent de se compromettre tant soit peu avec des colistiers non labellisés à leur image ? Le Vigan ne serait-elle pas assez bonne pour eux ? Quel crédit leur accorder s’ils préfèrent finalement la posture pure et dure à... L’investiture ?

Il faudra donc se passer de leurs lumières tandis qu’ils resteront éternellement radicaux, critiques et vigilants... Au fil des ans.