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Label époque

mardi 3 décembre 2013, par grand-Pierre

Le label n’est pas une espèce en voie de disparition. Mais que peuvent apporter tous ces labels à nos territoires sinistrés ?

Qu’il s’agisse de nos assiettes, de nos littérateurs, de nos hébergements ou de nos paysages, le fait de bénéficier d’un label, d’une fourchette, d’un Goncourt ou d’un épis n’est-il pas une simple chimère au vu de nos réalités économiques ?

Cette intro provocatrice est elle-même provoquée par la tendance actuelle qui tend à labelliser tout ce qui bouge dans notre région. On ne saurait en vouloir d’ailleurs à ceux qui se démènent pour obtenir ces sésames tant sollicités. Ils travaillent pour rendre la région plus attirante alors que la sinistrose gagne inexorablement du terrain ; et ceci en milieu rural plus qu’ailleurs.

Grands sites, Parcs naturels, Patrimoine mondial, Forêt d’exception, Villes fleuries, Pôles d’excellence, et j’en oublie certainement, devraient faire affluer les visiteurs et les investisseurs dans nos régions et recouvrir de cachets et de logos ce qui, tout compte fait, était déjà estimable et admirable avant de recevoir l’hommage labelisateur...

Cette vague communicante se voit toutefois confrontée a un effet d’empilement des labels sur des territoires identiques. Or chaque comité de pilotage souhaite réaliser ses propres fiches action et inscrire des projets sur le terrain relatifs au label qu’il représente.

Extrait de la plaquette de présentation des Eco-dialogues de Bédarieux :

"L’attractivité de nos paysages repose en partie sur leur remarquable diversité. Mais l’image du territoire est souvent brouillée aux yeux des touristes comme de ses habitants. Ne serait-ce que parce que sa réalité politico-administrative n’est guère limpide : communes, intercommunalités, Parc naturel régional, Pays Haut Languedoc et Vignobles... On a besoin de mieux comprendre la fonction de chaque entité pour retrouver du sens à l’ensemble de cet édifice. Et fonder une identité commune". Tiens, tiens, on dirait un air connu !

La nature cévenole et caussenarde se prête particulièrement à cette empilement de "territoires inscrits" et personnellement, je labelliserait volontiers tous ses paysages ainsi que tous ses habitants et même tous ses animaux domestiques.

Restons sérieux un moment. Cette volonté de bien faire se devrait pour être efficace, de mieux faire encore. C’est à dire d’inscrire toutes les actions envisagées au titre des différents espaces labellisés dans une démarche commune concertée. Car, pour avoir participé un peu à ces diverses instances, je me suis rendu compte que nombreux sont les items communs et que le risque de redites et de redondances sont importants.

La gestion des espaces et des activités qui y sont pratiquées, les signalétiques diverses, l’information des utilisateurs et la prévention des risques, la mise en valeur du patrimoine etc. sont des préoccupations communes bien souvent à diverses instances. Ne pourraient-elles pas s’associer pour apporter chacune leur projet et le gérer en concertation avec d’autres en réfléchissant aux meilleures solutions à apporter aux mêmes thèmes ? On y gagnerait en cohésion et en efficacité.

Cette efficacité que les habitudes de travail, en notre beau pays, ont rendu parfois assez aléatoire.

Ou alors, dans une optique radicalement différente, ne vaudrait-il pas mieux renoncer à tous ces labels et communiquer sur le thème : Les Cévennes, seule et unique région non (encore) labellisée au monde... Ça aurait du chien !