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Europe Ecologie Les Verts : A quand la transition ?

lundi 4 février 2013, par grand-Pierre

EELV, le parti des "écolos" s’agite beaucoup sur le strapontin que daigne lui autoriser le PS auprès du banc gouvernemental. Cette alliance Verts/PS ne semble pourtant pas avoir beaucoup d’effet sur la politique environnementale menée par Jean-Marc Ayrault.

Une stratégie payante

La presse ne manque pas d’insister sur les sujets qui fâchent entre le PS et son allié Europe Écologie Les Verts.

François Hollande en habile stratège, avait su verdir un peu sa campagne présidentielle mais sans toutefois aller trop loin, convaincu par avance des difficultés à venir s’il appliquait réellement des mesures environnementales strictes face aux lobbies, ceci dans le cadre de la politique sociale-libérale que nous voyons hélas tous les jours à l’œuvre à présent que le PS est au pouvoir.

Quand a EELV, il avait su ne pas être trop exigeant au moment de sceller l’accord électoral, notamment au sujet du nucléaire.

Évidemment, cette alliance a permis aux verts d’avoir dix-sept élus à l’assemblée nationale et ils en ont aussi une douzaine au sénat. Nettement mieux que la Gauche Démocrate et Républicaine [1] avec ses quinze députés dont douze sont communistes. Ajoutez nos deux ministres EELV dans le gouvernement de J.M. Ayrault et vous aurez la réponse à la question posée ci-dessous par monsieur le sénateur Placé : Une alliance gagnant/gagnant sur le plan électoral.

Et après ?

Mais après chaque élection, il y a la vraie vie. Et celle des verts au gouvernement n’est pas vraiment rose si je puis dire ainsi...

Le sénateur président du groupe EELV au palais du Luxembourg, Jean Vincent Placé, se pose donc aujourd’hui la question de savoir ce que son parti fait au gouvernement ! [2] Et s’il est opportun que Cécile Duflot et Pascal Canfin, les deux ministres écolos, [3] cautionnent indéfiniment la politique menée par François Hollande.

Les sujets qui fâchent

Le traité "austéritaire" européen ne faisait pas l’affaire des verts (ni de la gauche de la gauche) mais a néanmoins été mis en place par le PS.

Bien d’autres dossiers, soutenus par les verts, ont été ignorés ou, comme la dernière proposition de loi, soutenue par Laurence Abeille, concernant les ondes magnétiques, renvoyés en commission.

Pire, Arnaud Montebourg et Manuel Valls ont plaidés pour l’avenir de la filière nucléaire et pour le soutien apporté à son exportation tandis que l’exploitation de la nouvelle énergie fossile, dite "gaz de schiste" serait considérée comme une opportunité à ne pas négliger à condition d’utiliser des techniques alternatives pour la prospection.

Enfin quelque chose d’alternatif dans les propos ministériels !

Les sénateurs UMP en ont rajouté une couche en votant pour les Zones de Protection Renforcée contre le loup ! Les moutons ont applaudi mais sur l’ensemble de la mortalité ovine en France en une année, la prédation attribuée au loup – moins de 0,1 % au niveau national et moins de 1 % dans les zones de présence du loup – est anecdotique, et ce n’est pas dans la présence du loup qu’il faut chercher les causes du malaise économique de la filière ovine française. (Source : Association FERUS pour la conservation des espèces sauvages).

Mais la grosse couleuvre, l’os en travers de la gorge des verts, Notre Dame des Landes, l’aéroport maudit, n’a pas encore fini de faire parler de lui et de mettre à mal les relations déjà difficiles PS/EELV.

Alliance au menu ?

Les problèmes écologiques sont énormes et concernent presque tous les domaines qui dépendent de la politique gouvernementale. Gestion des ressources, énergie, agriculture, transports, consommation, social, économie, industrie, collectivités etc. Il est évident qu’ils ne peuvent être résolus sur la seule durée quinquennale des gouvernements Hollande. De là à faire du sur-place systématique il y a une différence fondamentale que monsieur le sénateur Placé a bien noté.

Dans ces conditions, il est permis de penser sérieusement à une alliance aux élections municipales de 2014 entre le Front de Gauche qui verdit de jour en jour avec les propositions éco-socialistes visant à la transition de l’économie vers des solutions aux problèmes environnementaux et Europe Écologie Les Verts. La question est complexe mais elle est posée, notamment par Jean-Luc Mélenchon du Parti de Gauche, ouvert à un rassemblement le plus large possible sur ces thématiques. [4]

Car le seul vrai problème n’est-il pas de mettre en œuvre de toute urgence les solutions alternatives économiques et écologiques plutôt que d’engraisser notre PIB avec le nucléaire ou l’aéroport de Nantes ? Et si l’on compte sur les fonds de pension ou sur Bruxelles pour y parvenir... On risque de sécher au soleil comme les loups des zones de protection renforcée !


[1Abandonnée par Les Verts en 2007

[2Faut-il jouer gagnant ou Placé, telle est la question !

[3Écolos et non pas ministre de l’environnement, portefeuille détenu par Delphine Batho du PS. La logique n’aurait-elle pas voulu que EELV prenne en charge le ministère de l’environnement ? - Trop chaud pour eux peut-être ?

[4Martine Billard, co-secrétaire du PG avec Mélenchon était député des Verts de 2002 à 2012.

Messages

  • Je reprends vos termes : ’’le seul vrai problème’’ ....est qu’on attend des gouvernements et des partis qu’ils mettent en œuvre la transition énergétique alors que les citoyens lambda (nous mêmes !) en sommes incapables. Comment les gouvernants pourraient-ils alors en faire leur priorité ’’alors que la maison brûle et que nous regardons ailleurs’’ nous gargarisant de discours, de dénonciations et de constats d’échec ? -5% par an d’énergie par foyer : c’est peu et ambitieux à la fois. C’est facilement vérifiable et quantifiable d’une année sur l’autre, il suffit de relire ses factures. En sommes nous capables chez nous dans nos maisons, nos voitures, notre consommation ? On se donne bonne conscience en adhérant aux associations écolo, en votant écolo peut-être, ce qui évite d’engager pour soi-même une remise en compte de son comportement. Si l’on veut que ça change, commencer seul dans son coin et témoigner est le seul vrai acte de résistance aux énergies fossiles ou au lobby nucléaire. Accepter de payer plus cher l’essence et le gasoil, l’électricité d’origine renouvelable sont les seules voies de désintoxication possible pour échapper aux gaz de schiste. On a lutté contre le tabac de cette manière. Serons nous prêts à faire de même pour les drogués à l’énergie que nous sommes devenus en 50 ans ?

    • Merci pour votre contribution.

      Je vous rejoins tout à fait sur la nécessité de s’impliquer individuellement afin de réduire les gaspillages par tous les bouts. (Énergie - nourriture - papier - déchets - eau etc.). Rien ne pourra changer sans l’engagement individuel de chacun et de tous.

      Même le SYMTOMA qui s’occupe de nos déchets localement, peine à motiver ses propres délégués sur les actions de sensibilisation qu’il mène. C’est dire.

      Ceci étant, les citoyens lambda que vous évoquez ne décident généralement pas eux-mêmes de la construction d’un aéroport géant et la politique sur le prix du tabac a bien été conduite par le gouvernement plutôt que par une action initiée à la base. C’est donc bien le rôle des politiques de donner les moyens aux administrés d’adopter un comportement écologiquement responsable, bref de donner l’exemple.

      On pourrait d’ailleurs en dire autant des parents vis à vis de leurs enfants.

      L’idée que vous développez que nous serions facilement dédouanés de ces problématiques par le simple fait de voter "écolo" sans s’engager personnellement dans une démarche responsable n’est évidemment pas fausse non plus. Il reste, comme on dit, bien du pain sur la planche !

      Cordialement. GP