Le blog de grand-Pierre

Je panse donc j’essuie (Devise du palfrenier)

Accueil > Ici tout le vigano-viganais > Une affaire qui n’a pas fini de mousser !

Une affaire qui n’a pas fini de mousser !

samedi 2 février 2013, par grand-Pierre

Jeudi 31 janvier, la rivière Arre s’est mise à mousser après le déversement accidentel de détergent sur le site de la teinturerie de l’entreprise Well.

Je crois savoir qu’il existe sur la commune d’Avèze une arche naturelle de tuf que l’on nomme le pont de Mousse. Eh bien le Coularou pourrait s’appeler de même après la pollution au détergent survenue la semaine dernière.

pollution mousseusePour se justifier et expliquer l’incident, [1] monsieur Giorgi, le directeur de l’usine aurait invoqué la faute à pas de chance. (source Midi Libre).

Plus de 400 truites, dont certaines de l’espèce Fario (autochtone) ont payé de leur vie cet atteinte à leur environnement et les dégâts sur la flore et la micro faune ne sont pas estimés et ne le seront sans doute jamais.

Certes, l’entreprise n’est pas sous directive Sévéso mais elle est néanmoins classée ICPE (Installation Classée pour la Protection de l’Environnement). [2] Une ICPE est une installation fixe dont l’exploitation présente des risques pour l’environnement. Ex. : Usines, élevages, entrepots, carrières etc. Différents produits chimiques sont stockés sur site des usines Well, dont des acides destinés à la teinture.

A la suite d’une fausse manœuvre, une quantité importante de détergent se serait déversée sur le sol, puis aurait pris le chemin de la rivière par un émissaire "pluvial". [3] D’après la direction le déchargement du container n’aurait pas du se faire à cet endroit et il affirme que ses établissements sont tout à fait en règle sur le plan de la sécurité.

Ceci étant posé, sur un site de stockage de produits chimiques, il n’existerait pas de système de récupération des fluides en cas de déversement accidentel ? Mais bien sûr que si nous répond le directeur :

..."Quand on est inspecté par la DREAL LR et autres organismes, ils vérifient toutes les possibilités, les bacs de rétention etc… " nous dit-il. Ce contrôle a-t-il bien été pratiqué ? Doit-on revoir les procédures de déchargement ? Car si les procédures ne sont pas strictement respectées, les mesures de sécurité ne servent à rien et tout ce qui est répandu au sol finira dans la rivière ! Extrêmement inquiétant.

Commentaire reçu d’un naturaliste gardois : "Vu de loin, on se dit qu’au Vigan, ils sont doués : après la décharge, les produits toxiques... L’Arre est un égout, et tout le monde s’en fout ".

Si des mesures conformes n’étaient pas prises, et ceci nonobstant les plaintes qui peuvent être déposées pour la pollution, le risque persisterait de revoir l’Arre se mettre de temps à autre à mousser, à verdir, à bleuir ou pire encore, comme au bon vieux temps où sévissaient les Ets Brun d’Arre (Qui comme leur nom l’indiquait, pratiquaient quelquefois le Land-art ou le River-art avant la lettre !).

Il est vrai qu’avec un peu de rouge judicieusement dosé par les Ets Well nous pourrions pêcher de magnifiques truites saumonées pour l’ouverture en mars !


Le président de l’association de pêche de la vallée de l’Arre à confirmé lors de l’assemblée générale annuelle qu’une plainte serait déposée par les pêcheurs, sans désir "d’enfoncer" la société Well, a-t-il précisé, ni de condamner la personne à l’origine de cette mauvaise manœuvre, mais pour qu’un arrêté de justice soit rendu sur cette malheureuse affaire et que des décisions s’ensuivent. (23/02/2013)


[1Et éviter de se faire passer un savon par les autorités

[2En cas d’infraction, l’agrément peut-être retiré ou suspendu par arrêté préfectoral.

[3On devrait plutôt dire émissaire "fluvial" !

Messages

  • Merci Monsieur le directeur de Well ! Vous nous dites dans un article paru dans le Midi Libre que le produit n’était pas dangereux !
    Sauf pour les truites...
    "Nous avons eu une démarche citoyenne. On a prévenu les autorités immédiatement, suivi leur avis et fait ce qu’on pouvait faire." ajoutez-vous.
    Il ne manquerait plus que le contraire...
    Vraiment bravo Monsieur !