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Le lac des Pises : menaces à venir

mardi 4 juillet 2017, par grand-Pierre

Ce lac si calme et si beau sous le col des Pises risque fort d’être amputé de 30% de sa surface liquide. (30% dans la version light du projet de rénovation du barrage)

Depuis 1963 le lac des Pises est en eau derrière son modeste barrage et ceci pour la plus grande joie des visiteurs et des promeneurs.
Situé sur le massif du Lingas (commune de dourbies) il appartient au Parc National des Cévennes, du moins jusqu’à ces derniers temps.
Il avait fait l’objet de quelques travaux de réfection il y a quelques années. (2012).

Toujours plus de normes

La DREAL, après avoir lancé une étude sur la solidité de l’ouvrage a conclu qu’il fallait procéder à des travaux importants de consolidation dont le coût est estimé à un million d’euros.

Plusieurs scenarii sont envisageables :

  1. La réfection et le maintien du barrage à sa hauteur actuelle
  2. L’effacement de l’ouvrage (= démolition complète)
  3. L’écrêtement qui consiste à abaisser la hauteur de l’ouvrage afin qu’il passe dans une catégorie déclassée et ne nécessite pas un entretien particulier ni une surveillance régulière

Moyens de financement

L’Agence de l’eau Adour-Garonne dont dépend le secteur des Pises pourrait apporter 80% du financement si la solution de l’effacement était retenue.

La politique de l’état étant en l’occurrence de supprimer tous les seuils et barrages sur les cours d’eau afin de rétablir la "Continuité écologique" et le transport naturel des matériaux vers l’aval, on comprend mieux cette stratégie. Politique désastreuse qui se heurte à de nombreuses résistances locales et commence d’ailleurs à se trouver remise en question pour sa non-pertinence et une mise en oeuvre indifférenciée.

Le Syndicat Mixte Départemental (SMD), lui, proposait dès le mois de février 2017 de financer le premier scénario (à hauteur de 80%), scénario conservatoire du barrage en son état actuel. Cette solution serait bien entendu la plus évidente, tant sur le plan écologique que touristique et permettrait de ne pas dénaturer le site.

Caisses vides

Seulement les normes en vigueur exigent (depuis quand ?) qu’un ouvrage de cette catégorie soit surveillé et contrôlé régulièrement ce qui implique un certain coût.

Le PNC, dont le budget sert essentiellement a rémunérer ses agents et ne permet pas d’investissements lourds, a choisi de demander à la communauté de communes Causses Cévennes, Aigoual et TS de prendre la gestion du bébé sous la forme d’un bail emphytéotique de 18 ans afin qu’elle puisse bénéficier de subventions auxquelles il n’aurait pas accès lui-même.

Cette communauté de communes a accepté sous la condition qu’elle ne débourse rien et le scénario de l’écrêtage a ainsi été privilégié. Les budgets des collectivités étant régulièrement rabotés et les dotations de l’état diminuées, on ne saurait reprocher aux élus de l’Aigoual leur réticences à dépenser l’argent public.

En retenant le scénario n°3, la CC Causses Cévennes Aigoual et TS n’aura pas à assurer la surveillance et l’entretien régulier du barrage qu’imposerai le scénario n°1.

Barrage abaissé = lac plus petit

Ce faisant, la solution retenue va diminuer de façon significative la hauteur de l’ouvrage. Il est difficile de savoir exactement de combien de mètres il sera amputé.

La directrice du PNC m’avait confirmé en réunion que l’écrêtage serait de 4,40 m.
D’autres élus m’ont assuré qu’il ne s’agissait que de 2.40 m. Qui croire ?

J’ai eu dans les mains l’étude d’ISL Ingénierie qui précise bien que, je cite : "L’abaissement du plot déversant serait de 4.40 m". [1]

Une grande flaque

On peut facilement imaginer ce que donnerait un tel rabotage du barrage des Pises.

Vous pourrez consulter avec profit le document ci-dessous extrait de l’étude en question. On peut y voir la carte du lac incluant la ligne de rivage si un abaissement de 4.40 m était réalisé.

Ainsi, pour tout un tas de bonnes raisons, et de moins bonnes, le site du lac des Pises se verrait transformé en une vaste flaque aux rives boueuses et rendues longtemps impraticables.

Gardarem lo lac des Pises !

Une fois de plus, une volonté louable de l’administration de renforcer la sécurité (et aussi d’ouvrir son parapluie administratif) abouti à un non-sens écologique et touristique en condamnant le patrimoine naturel existant. Ces décisions seront lourdes de conséquences pour l’attractivité du territoire et il est temps de pousser un grand coup de gueule et de pétitionner pour faire entendre le simple bon sens.


[1(Source : Etude de diagnostic hydraulique et géotechnique approfondi du barrage des Pises et étude des scénarii de l’évolution de l’ouvrage - Cpte-rendu réunion n°3b - Pge 4).