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Terrorisme que veux-tu ?

mercredi 15 juin 2016, par grand-Pierre

Les attentats les plus odieux continuent de frapper aveuglément des innocents et de faire la une des médias.
Aveuglément ? Pas tant que ça.

Chercher le mobile

Derrière chaque assassinat il y a un mobile. Les attentats terroristes n’échappent pas à cette règle.

Qu’il s’agisse d’un règlement de compte mafieux ou bien d’un crime strictement crapuleux, d’un amour trahi ou d’une élimination politique, il existe toujours un mobile derrière le crime, quelquefois apparent, quelquefois difficile à mettre à jour par les enquêteurs, mais toujours présent.

Derrière les crimes terroristes imputés à Daech ou à d’autres, la religion semble avoir une place évidente. Du moins est-elle mise en avant comme le premier mobile de ces tueurs fous s’en prenant aux infidèles, aux mécréants, voire aux sodomites au péril de leur propre existence.

Pour les tueurs de nationalité européenne ou américaine on invoque aussi des situations de relégation sociale ou culturelle pour expliquer, sinon justifier, ces crimes atroces. L’allégeance à un groupe islamique n’étant alors que la couverture religieuse d’une violence qui serait d’origine sociale faisant office de déclencheur pour passer à l’acte.

Mais le radicalisme religieux et le djihad, s’ils attirent certains comme la lampe attire l’insecte, ne représentent que l’habillage messianique [1] de la barbarie et de l’ostracisme ; du banditisme à grande échelle et de la corruption financière.

Faire monter la tension, une stratégie démoniaque

A chaque épisode sanglant la république, mettant ses drapeaux en berne, pleure ses victimes auxquelles elle ne peut offrir que ses minutes de silence lourdes de ressentiment et remplies d’émotion.

Nous ne sommes malheureusement pas encore parvenus au bout de l’histoire et nous devrons certainement affronter encore de nombreux deuils publics dans le recueillement silencieux et l’accumulation patiente d’un sentiment de vengeance.

La religion ? La belle affaire !

Mais ne cherchons pas le mobile ou les mobiles du terrorisme dans un fait prétendument religieux. Du moins pas chez celui qui sévit chez nous.

Pour ceux au moyen-orient qui n’ont connu d’autre système au fil des siècles que féodal, d’autres lois que des variantes de la charia, d’autres règles que celles d’une société figée dans un archaïsme politique et culturel, le décalage avec les sociétés démocratiques modernes n’est pas supportable. Le fossé devient carrément infranchissable pour certains parmi les plus radicaux même si par ailleurs les peuples de ces pays ou du moins la fraction plus évoluée de ceux-ci se rebelle contre l’ordre établi.

Non le mobile des tueurs n’est pas la religion musulmane, même dans sa version radicale. Il s’agit plutôt de s’en prendre aux démocraties républicaines, à nos valeurs de liberté, de laïcité, de respect de la différence, créatrice de richesses, en exacerbant les haines et d’amener petit à petit au pouvoir les partis susceptibles de s’en prendre eux aussi un jour aux valeurs républicaines. Le chaos c’est bien connu cela peut s’organiser.

La domination qu’ont imposées longtemps ces démocraties aux pays colonisés ou post-colonisés y compris par les armes, a finalement déclenché le ressort tendu à se rompre des griefs contre l’occident et contribué à assimiler démocratie occidentale et injustice.

Et pour ceux qui sont natifs de France et qui malgré l’éducation reçue et le mode de vie pratiqué se rendent coupables de tels actes terroristes, il faudrait regarder, pour pouvoir établir un mobile crédible, vers leurs tendances suicidaires personnelles plutôt qu’à un fait religieux. [2] La justification et l’allégeance à Daech ne venant qu’en deuxième position.

Il existe aussi un phénomène sectaire pour ceux qui partent de France et quittent leur famille et leurs classes moyennes ou leurs banlieues pour rejoindre Daech. Personnalités fragiles, peu structurées et en recherche de soi. Ils sont traditionnellement les victimes des sectes qui sont à l’affût sur la toile pour prendre possession des âmes et y imprimer leurs messages. Ces malheureux-là, le piège syrien les attend...

Derrière le rideau de fumée des explosions, il y a donc bien à mon avis une volonté politique de s’attaquer aux démocraties et aux libertés individuelles ainsi que collectives. Une volonté de détruire ce que l’on ne peut (ou ne veut) posséder. Ceci plutôt que celle de cultiver l’espoir d’une très improbable radicalisation religieuse en Europe en dehors de quelques fanatiques.

Dans les eaux troubles des mouvements terroristes on pourrait pêcher de curieux poissons tels certains états pratiquant le double langage...

Face au terrorisme


La police la mieux faite ne pourra jamais empêcher un débile profond de tuer une maman devant son enfant mais : Faire corps pour défendre d’arrache-pied et sans faire de concession le concept de laïcité - défendre les droits républicains sans céder à la tentation de mettre en place un état d’urgence permanent et liberticide - répondre par des changements réels aux besoins sociaux et combattre avec acharnement l’exclusion - Voilà un programme qui pourrait redonner son sens premier aux mots : Liberté - Egalité - Fraternité. N’en déplaise aux sinistres pourvoyeurs de mort et à leurs complices.

Apparemment ce beau programme n’est pas encore à l’ordre du jour... Et l’écart se creuse entre les différentes couches sociales de telle sorte que les riches sont encore plus riches et les pauvres... Toujours pauvres.

C’est terrorisant.


[1Définition Larousse : Croyance en la venue d’un libérateur ou sauveur qui mettra fin à un ordre présent considéré comme mauvais et instaurera un ordre nouveau dans la justice et le bonheur.

[2Un suicide "illuminé" par le sacrifice du martyr !