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Brexit ou Frexit ?

mardi 7 juin 2016, par grand-Pierre

Le 23 juin 2016, nos chers amis les rosbeefs vont se rendre aux urnes afin de dire s’ils souhaitent rester ou non dans la communauté européenne.
Mais quels sentiments animent donc les français ?

En 2005, les français avaient majoritairement voté contre le traité constitutionnel européen. Pour être honnête il faut souligner que des voix de droite se mêlaient à des voix de gauche, je veux dire de la gauche de la gauche... Les pays-bas quelques temps après ont également voté contre ce traité.

Pour tirer des conclusions de ces élections, il faudrait décompter les voix des anti européens et celles des anti traité constitutionnel, ce qui n’est pas du tout la même chose.

En Angleterre les électeurs ne sont pas appelés à se prononcer dans les urnes sur un traité mais bien sur l’Europe et leur envie ou non de s’y maintenir. En 2005 nous nous prononcions en France sur le fond d’un projet de constitution européenne, ce qui n’est pas rien, tandis que nos chers rosbeefs vont voter en fonction d’un scénario de crise de l’immigration lié aux événements du moyen orient.

Ainsi va le chemin de la démocratie, semé d’embûches référendaires...

Le souverainisme conviendra-t-il à un peuple qui écoute encore avec ferveur le discours prononcé chaque année par sa majesté la reine ? Probablement. Mais ceci nous emporte bien loin de la question, de la seule vraie question : L’évolution nécessaire de l’Europe vers un processus démocratique et libéré de l’étreinte libérale.

Fort malheureusement, nous n’en prenons pas vraiment le chemin actuellement et tous les engagements positifs de l’Europe, notamment en matière environnementale et à travers les fonds d’aide au développement, sont démentis par le verrouillage ultra libéral des institutions et la faiblesse représentative d’un parlement sans réel pouvoir.

Une Europe au tournant de son histoire, alors que l’on pensait, peut-être un peu à la façon de Candide que ses turpitudes étaient derrière elle, et qui, faute d’avoir encouragé et soutenu une volonté populaire et véritablement démocratique pour se construire [1] ne parvient pas à réussir l’intégration à l’est de son territoire ; ne parvient pas à affirmer une politique étrangère, ni une stratégie de la défense indépendante ; ne parvient même pas à faire front solidairement à la crise grecque.

Le plus cocasse dans ce breksit annoncé consiste en l’opposition des très libéraux conservateurs British, aux très libéraux conseillers européens. Cette cocasserie ne l’est pas tant que ça finalement si l’on considère les choix politiques restreints qui sont soumis au peuple d’outre manche par le référendum anglais : Libéralisme européen ou libéralisme national d’UKIP dans les pas des Etats-unis. Qui peut vraiment parler de processus démocratique ? Les journalistes ?

Je me garderais toutefois de me laisser aller à donner des leçons de démocratie aux anglais car avec notre FN dopé aux voix ouvrières il n’est pas exclu qu’un Frexit ne se produise un jour. Ce serait le retour du projet européen à la case départ et la porte ouverte à d’incertaines aventures. A partir de là, OTAN en emporterait le vent. Les euromissiles Pershing II pourraient enfin reprendre position en Allemagne face au méchants russes ce qui ne nous promet rien que du bonheur et encore et toujours plus de questions sans réponse.

A moinsse que Donald Trump ne soit élu président des Etats-unis et qu’il ne s’allie, comme il l’a proposé, avec Poutine, ce qui pourrait obliger enfin l’Europe à se bouger les fesses !


[1Un petit lapsus.