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Trop d’élus grassement rémunérés ?

Etre député ou président de Conseil général ; une bonne planque ou un sacerdoce ?

mercredi 15 février 2012, par grand-Pierre

Certains contribuables, ligués en associations de défense, dénoncent la situation française qui, avec ses 601 132 élus de tous poils, serait une sorte de recordwomen Guiness de la spécialité !

Le web qui hurle


La toile,(World Wide Web) est tout sauf silencieuse. On entend souvent, lorsque l’on ouvre notre boîte de courriel, s’en échapper des cris, voir quelquefois même, des glapissements aigus.

Ces alertes, nombreuses et souvent non signées, vous tirent violemment par la manche pour vous prévenir de l’existence de sombres machinations en cours, vous demandant instamment de faire circuler le message auprès
<images-2.jpg> de vos contacts. Mais avant de faire suivre ces missives en quelques clics, ne faut-il pas se donner la peine d’une réflexion pour les évaluer un peu et opérer un premier tri ? Ne fait-on pas de même en achetant tout bêtement une salade au marché du samedi ?

Un service démocratique minimum ou maximum ?

 [1]

Dernièrement, je reçu un virulent réquisitoire, dénonçant à la fois le nombre pléthorique des élus en France ainsi que le montant surévalué de leurs indemnités. Nous serions la première nation d’Europe pour la quantité de nos représentants. Et cela coûte cher, bien sûr. Or les temps sont durs pour de nombreux citoyens qui n’ont, il est vrai, pas eu l’opportunité de devenir un jour sénateur. Cela leur semble injuste de vivre (et même de bien vivre) de la mandature que l’on exerce dans le cadre de la république.

La révision générale des politiques publiques (RGPP) s’est attaquée, entre autre, à ce fameux "mille-feuille" en supprimant les conseillers généraux. Mais en filigrane et à terme, il faut s’attendre à une mutation plus grave à mes yeux : La remise en cause des communes. C’est à dire la fin de la proximité avec l’élu de terrain et le grave déficit démocratique qui en résultera fatalement.

Seulement dix pour cent des élus sont indemnisés. Ce qui en laisse un sacré paquet qui sont tout simplement bénévoles pour faire fonctionner les collectivités les plus "basiques". A l’autre extrémité, certains cumulent allègrement les mandats ce qui fini par rapporter pas mal d’euros. Rien à voir pourtant avec les patrons du CAC 40. Madame Bettencourt non comprise.

Gare à la manip !

Certaines dérives existent et les élus ont effectivement la possibilité de "se voter" des augmentations. Notre président ne s’en est pas privé en 2008 [2]

De là à rejoindre le concert des lamentations, il y a un pas que je ne franchirai pas. Pourquoi ? Parce que je ne tiens pas à me faire manipuler.

Dire son fait à un député marron, à un président menteur, à un parti dont on estime que les représentants ont mal défendu une cause est une chose. L’exercice démocratique réclame ce débat ou cette explication et c’est à ce prix que fonctionnent les collectivités, nationales ou locales. Si ces explications sont écartées, et les contre-propositions qui vont de pair également, la collectivité ne fonctionne plus normalement.

Mais désigner les élus comme bouc-émissaire est un non-sens. Aucun citoyen ne devrait se plaindre d’avoir trop d’élus. Nombreux sont les états d’ailleurs où il n’y en a pas ! Leur qualité ou leur médiocrité relèvent d’une autre analyse. En poussant le raisonnement, une véritable démocratie devrait comporter autant d’élus que d’habitants, ce qui reviendrait à ce que les citoyens soient tous impliqués dans la vie de la cité.

Le problème des indemnités, s’il existe, ne peut qu’être comparé à ces gâchis, d’une échelle bien supérieure, qui plombent actuellement notre pays. Ce n’est pas le problème, prétendument majeur, dénoncé par les contribuables en colère. Mais si leur majorité proteste sans malignité, d’autres sans doute, ont des intentions moins pures.

On aime les élus ou pas

Ce ne sont pas les démocrates allemands qui ont incendié le Reichstag pour emprisonner ensuite quatre mille militants communistes en les accusant de ce forfait. C’est Goëring en trente-trois.

Ce rappel vous semble hors de propos ? Les oligarchies redoutent la démocratie comme le diable redoute l’eau bénite. Elle ne se portent jamais si bien qu’en face d’une abstention massive devant les urnes.

L’extrême droite semble ronronner comme un vieux matou au travers des propos exempts de dérapages de Marine Lepen. Mais ses scores remontent de façon inquiétante et à l’heure où tous les dirigeants ne parlent plus que de "gouvernance", sachons ne pas nous tromper de cible en ne criant surtout pas avec les loups : Haro sur les élus !

Merci pour eux et... Vive la sixième !

 [3]


Crédit image : Dessin contribuable - Trez


[1Le Strict Minimum pour l’Intérêt Collectif (SMIC)

[2La hausse du salaire du président Nicolas Sarkozy augmentera de 172%, selon Le Monde. De 7 084 euros à l’heure actuelle, l’indemnité nette mensuelle du président de la République s’élèvera à 19 331 euros, à partir du 1er janvier 2008. (l’Express - 06/11/2007)

[3Image envoyée par un lecteur facétieux

Messages

  • Les frais de mandat des élus français : un scandale.

    A la suite d’une enquête menée par des politologues suédois sur l’argent public que perçoivent les députés et sénateurs français il apparaît là, qu’il s’agit d’une spécialité bien française.
    En effet, les élus, députés et sénateurs français perçoivent une rémunération liée à leur fonction et pour leur travail : celui pour lequel ils ont été élus, ce qui est tout à fait normal, mais ils reçoivent en plus des enveloppes pour subvenir aux frais engagés lors de leurs activités parlementaires. Cette enveloppe s’appelle l’IRFM, c’est-à-dire « Indemnité Représentative de frais de Mandat ».
    C’est donc de l’argent public qu’ils touchent et qu’ils peuvent dépenser de la façon qu’ils veulent.
    Les contribuables français donnent donc pour chaque député plus de 5800 euros mensuels et pour chaque sénateur 6200 euros chaque mois en plus de leur salaire mensuel.
    Or ces bonus sont utilisés en toute obscurité, sans contrôle, il n’existe aucune transparence quant aux dépenses de cet argent public, personne ne leur demande des comptes pour leurs dépenses de fonction. Ils jouissent donc, ainsi de cette cagnotte pour leurs dépenses de fonction. ce qui est profondément choquant c’est qu’ils peuvent utiliser ce pactole à des fins purement personnelles
    Ce système bien français d’IRFM est donc totalement opaque, il y a un manque de visibilité des dépenses publiques (ce qui est digne d’une république bananière) : aucun justificatif n’est à fournir pour attester de la légitimité de ces dépenses. Est-ce vraiment digne d’un état intègre.
    Cet usage de l’IRFM mal perçu par l’opinion en France, cet usage dessert la crédibilité des parlementaires eux-mêmes qui rappelons-le sont supposés montrer l’exemple.
    Des abus inacceptables ont souvent été constatés. Quelles solutions pourraient-on apporter ?
    Il serait vraiment plus sain et judicieux d’instaurer un décompte grâce à des notes de frais comme dans les entreprises privées. Ainsi les sommes réellement dépensées seraient alors remboursées aux élus.
    Il est important de noter que ce système obscur pousse à la dépense, alors qu’au contraire le remboursement des notes de frais engagées permettrait d’économiser l’argent des contribuables. Ainsi tout le monde saurait que les dépenses des élus correspondent bien aux frais liés à leur travail.
    En conclusion.
    En France certains de nos élus ont perdu la notion de l’argent public, cet argent versé par le contribuable assujetti à l’impôt. Ils oublient que cette manne ne leur appartient pas en propre ; une preuve s’il en fallait une : la situation financière dans laquelle nous sommes confrontés actuellement dans notre pays sur le plan national et aux dernières nouvelles dans notre Communauté de communes (tous nos malheurs ne sont pas dus qu’à la crise mondiale !). Il est bon de rappeler à ces hommes politiques qu’ils ont été élus par le Peuple, qu’ils sont sensés servir le pays et d’employer l’argent de l impôt en toute transparence pour le bon fonctionnement des institutions, le bien être de leurs concitoyens et d’éviter de mettre trop souvent le doigt dans le pot de confiture.
    NF

    (Source traduction d’une vidéo suédoise consultable à l’adresse indiquée ci-dessous)
    www.youtube.com/watch?v=JjCjZezJd6s