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Lorsque les petits deviennent grands

lundi 14 mars 2011, par grand-Pierre

Les temps sont fastes pour les médias en ce moment. Entre les multi-révolutions des pays arabes et les tsunamis au plutonium nippon la profession produit à haut régime des images fascinantes et du coup, la poudre à lessiver se vend d’autant mieux de ce côté ci du globe.

La politique de non-intervention

Kadafi, ce grand ami de notre diplomatie, est en train de liquider impunément le peuple Libyen tandis que l’Europe tortille des fesses sur les bancs du Conseil en déclarant qu’il est urgent de ne rien faire. Non-intervention ! Cela ne vous rappelle-t-il rien ? La guerre d’Espagne ? Sarajevo ? Ou ces carabiniers célèbres qui arrivent lorsque tout est fini ?

Ah, ingérence, que de crimes pourraient être évités si ton nom était prononcé dans un cas comme celui-là. Mais l’ingérence c’est l’ONU et l’ONU regarde passer le train des atrocités sans bouger, bloqué comme toujours par des intérêts supérieurs et contradictoires. Alors l’OTAN ? Mais au fait quel est le véritable rôle de l’OTAN depuis que l’URSS a implosé ?

On jugera plus tard les crimes contre l’humanité au Tribunal international de La Haye, lorsque tous les opposants Libyens seront morts ou disparus. À propos, qui jugera-t-on, Kadafi ou le Conseil européen ? Les révolutions, les libérations ne connaissent pas les décisions de l’ONU. Elles exigent le sang de ceux qui n’en peuvent plus et qui un beau jour se déchainent contre l’oppression, contre la corruption et la peur. Contre le détournement massif des richesses par une classe au pouvoir. Cela ne vous rappelle-t-il rien chez nous ?

Toujours le même scénario

Le prix à payer ? Le prix fort. Des dizaines de milliers de réfugiés fuyant les zones de combat. Le chaos et l’insécurité. La violence s’abattant sur les faibles, les femmes et les enfants. C’est un peu comme un voisin qui égorgerait sa propre famille. Bouchons-nous les oreilles pour ne pas entendre les cris. Et... Expédions des renforts aux frontières pour gérer la catastrophe humanitaire qui se profile.

Le peuple ne pourra donc jamais compter que sur lui même pour se défendre et régler ses affaires. Lénine l’avait déjà dit je crois. Il lui manque seulement quelques avions de chasse, des chars et des hélicoptères de combat. Mais il ne faut jamais désespérer, peut-être qu’en fouillant un peu dans les surplus...

Les puissants ne se battront pas pour les faibles ni les riches pour les pauvres. Mais beaucoup de faibles et de pauvres très en colère ont pu faire "dégager" Ben Ali et Moubarak. Le roi du Maroc Mohammed VI annonce un pouvoir constitutionnalisé, et beaucoup d’autres serrent les miches ! Il se passe des choses car la base prend conscience que ses oppresseurs ont bâti leurs empires sur la crainte et que, celle-ci surmontée, ils ne sont alors plus rien que de vulgaires "droit commun" en fuite, leurs comptes bloqués en Suisse.

Un vieux monde se fissure

Le sinistre craquement de la plaque Philippine sous l’océan Pacifique a plongé le Japon dans le chaos et la menace nucléaire. Mais un autre craquement est sans doute en train de se produire comme un écho : Le craquement du vieux monde. Les jeunes égyptiens diplômés, solidaires d’un marchant ambulant, s’immolant tant il avait été brimé, ont conquis de haute lutte un espace de liberté. Espace fragile certes, mais qu’il ne lâcherons pas de sitôt. Ils auront encore une longue route à parcourir sous le soleil de leur pays car la démocratie et la justice sociale reste à construire.

Les diplomaties, celles du Wikileaks, craquent sérieusement aussi tant elles ont de relations à rétablir et à revoir complètement avec les pays du Maghreb ou du Moyen-orient. Il leur faudra apprendre à changer leur fusil d’épaule. Et vite. Sinon à quelles relations pourront-elles prétendre demain avec ces jeunes démocraties ?

Les choux gras du FN

La vague attendue d’émigrés, poussés par le tsunami des révolutions arabes, qui vont peut-être tenter l’aventure vers l’Europe, risque, dans les conditions actuelles, de poser un grave problème humanitaire. Méfions-nous, les adeptes du charter et autres amis de Marine Lepen pourront faire leurs scores électoraux en France en surfant sur cette vague tout en brandissant bien haut leurs thèses xénophobes.

Alors nous aussi, ouvrons la fissure salvatrice et construisons la sixième république. Vite !


Dernière minute :
L’ONU a finalement accordé le feu vert à une action militaire destinée à protéger la population Libyenne sans occupation au sol.
La France, l’Angleterre et les USA forment la coalition qui intervient militairement avec les émirats du Golfe, l’Arabie Saoudite et le Qatar. L’OTAN n’intervient pas. L’Allemagne s’abstient.
Hugo Chavez le président Vénézuélien a qualifié cette intervention d’irresponsable et prétend qu’il ne s’agit que de mettre la main sur le pétrole Libyen.
D’autres insinuent que les islamistes barbus sont derrière la rebellion.
Méfions nous toutefois : Les guerres ne déclenchent pas que des tirs de missiles mais aussi quelques réflexions collatérales...