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Elections régionales

lundi 30 novembre 2015, par grand-Pierre

Les élections régionales, prises en otage entre attentats terroristes et COP 21, risquent de passer un peu inaperçues.

COP 21 - Etat d’urgence - Attentats : Mais où sont donc passées les régionales ?

Le calendrier électoral devrait normalement nous conduire devant les urnes les six et treize décembre prochain pour élire nos conseils régionaux.

Pourtant, même si du fait de la réforme, notre région sera deux fois plus étendue que la précédente par le jeu du regroupement entre Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées, je n’ai pas noté autour de moi deux fois plus de signes d’intérêt pour cette échéance électorale importante.

Une actualité très prégnante et dramatique, le grand rendez-vous de la COP 21, les conflits du moyen-orient et les vagues migratoires ont fait passer au second plan cet acte républicain autant que démocratique.

L’état d’urgence est instauré mais l’urgence ne semble pas être pour le citoyen lambda de se rendre aux bureaux de vote. Il faut tout de même dire qu’il aurait quelques bonnes raisons de rechigner à accomplir son devoir.

Je ne souhaite pas ici assombrir le moral de mes lecteurs en cette fin de weekend en énumérant tout ce qui pourrait aller mieux dans notre belle France. Ils le savent déjà je suppose.

Un petit sursaut citoyen qui se fait attendre

Les sondages font la part belle à l’extrême droite dans le nord et dans le sud. Va-t-elle réussir à capitaliser les suffrages des mécontents ? Ce n’est plus impossible. Une lassitude a pris place chez les électeurs, un manque certain de motivation, une vague impression que les politiques se suivent sans que cela change quoi que ce soit à leur quotidien.

Notre président, pardon, notre nouveau chef de guerre, se préoccupe plus de la prochaine présidentielle que d’autre chose. Le bilan-chômage est mauvais. L’Europe est en grande difficulté, plus efficace pour écouter le chant des sirènes des lobbies financiers que pour régler les grandes crises politiques qui la concerne.

Nous ignorons d’ailleurs jusqu’au nom que portera cette super-région. Nous savons simplement que Toulouse sera notre capitale régionale. Mais là n’est pas l’important. [1]

L’important, voulez-vous que je vous le dise ? Aller voter. Tout délitement de la fonction électorale, tout abandon de citoyenneté, toute abstention importante sape plus sûrement les fondements de notre collectivité que ne peuvent le faire les pires des actes terroristes.

Un sursaut salvateur serait donc le bienvenu, de même que les solidarités se sont largement exprimées après le 13 novembre, on pourrait imaginer que les français réinvestissent massivement les bureaux de vote plutôt que de s’en désintéresser. La démocratie, la laïcité, ne s’usent que si l’on ne s’en sert pas. C’est bien connu.

Le salut ne viendra pas du vote "Ras-le-bol"

Notre pays, à l’instar des démocraties évoluées aux mécanismes internes complexes, ressemble à ce colosse aux pieds d’argile qu’une Cyber-attaque massive ou qu’une panne d’électricité générale pourraient mettre sur le flanc en quelques jours.

Tourner le dos aux urnes, ce serait le fragiliser d’avantage et l’époque serait vraiment mal choisie pour le faire. Rien n’est jamais gravé dans le marbre contrairement aux idées reçues et une nation qui ne se gouvernerait plus selon l’expression de ses citoyens mais le ferait par défaut verrait peut-être s’ouvrir devant elle la voie des aventures dont l’histoire nous apprend qu’elles se terminent souvent mal.

Certains électeurs, nombreux à n’en pas douter, ferons le déplacement dimanche prochain pour aller voter bleu Marine. ils penseront de cette façon exprimer leur ras-le-bol d’ouvriers pointant à Pôle Emploi ; leur colère d’artisans en difficulté confrontés aux dures réalités de la crise, leur difficulté de résidents à vivre dans leurs banlieues ; le mal-être du petit commerce de proximité bref, leur volonté de jeter à la face des partis traditionnels leur bilan pitoyable. D’autres, avec sans doute un peu moins d’innocence, voudront affirmer leur différence d’avec les immigrés, les étrangers. Ceux-là, nombreux, constituent les légions les plus inquiétantes du parti des franchouillards.

Hélas, depuis les attentats terroristes à répétitions, les attelages brun/bleu de l’exclusion et de la différence ont reçu leur picotin d’avoine et ont repris du poil de la bête. Les informations concernant des terroristes qui auraient pénétré en France par les mêmes chemins que les réfugiés sont diffusées ce qui équivaut à une ration supplémentaire de picotin pour nos amis bleu Marine !

Malheureusement pour eux, aucune des tentatives faites par les droites extrêmes de gouverner en Europe ou ailleurs n’ont abouties à des changements économiques et sociaux positifs. Ça se connaîtrait.

Par contre les libertés, elles, en ont pris un coup.

Des programmes irréalisables

Après avoir pris connaissance des compétences dévolues aux régions (ci-dessous) vous conviendrez comme moi que la plupart des professions de foi des candidats ne pourraient être réalisées par celles-ci.

De plus, ces dernières disposent de budgets contraints à 90% par les dépenses obligatoires de fonctionnement (salaires-frais etc.) et la marge de manœuvre nécessaire pour appliquer de tels promesses électorales serait tout à fait insuffisante.

En fait, de nombreux candidats ne font que reprendre, en copier/coller, les options du catalogue politique national de leur parti pour nous présenter leur soupe régionale !

Alors, mesdames et messieurs, un peu plus de respect accordé à vos électeurs ne serait-il pas plus attractif à leurs yeux que ces promesses bidon, vous qui redoutez tant qu’ils s’abstiennent ?


COMPÉTENCES DES RÉGIONS :

- le développement économique. Les régions s’en occupent déjà depuis 2004 mais elles obtiennent un pouvoir renforcé avec l’attribution du monopole de la distribution des aides directes aux entreprises. Autre changement : le schéma régional de développement économique, d’innovation et d’internationalisation qu’elles élaborent devra associer obligatoirement les intercommunalités et chambres consulaires.
- l’aménagement du territoire. Les régions devront aussi consulter les chambres consulaires et intercommunalités pour le schéma régional d’aménagement et de développement durable du territoire.

- la formation professionnelle avec notamment l’apprentissage et l’alternance.

- la gestion des lycées mais pas des collèges comme prévu au départ par le gouvernement.

- les transports, y compris ceux scolaires, et hormis ceux de personnes handicapées et dans les grandes agglomérations. Toutefois, les régions pourront choisir de déléguer les transports scolaires aux départements. Cela concerne donc les transports interurbains par cars, les gares routières et les transports ferroviaires en TER.

- les ports. Là aussi, les régions auront le choix de laisser cette compétence aux départements.

COMPÉTENCES PARTAGÉES AVEC LES DÉPARTEMENTS :

Un certain nombre de compétences sont divisées entre les régions et les départements comme :

la culture - le sport - le tourisme - les langues régionales - l’éducation populaire


[1Saviez-vous que le Languedoc-Roussillon est beaucoup plus endetté que Midi-Pyrénées ? La fusion ne nous sera donc pas défavorable à nous languedociens à ce point de vue.