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La grande beauté des feuilles mortes

vendredi 21 septembre 2018, par grand-Pierre

Les feuilles perdent en automne leurs cellules chlorophylliennes et le vert laisse alors place à ces camaïeux de teintes chaudes qui précèdent leur chute.
Mais elles ne sont que : caduques et elles réapparaîtront l’année suivante sur le même arbre...

Ainsi sont nos arbres, si bien adaptés à nos climats qu’ils ont choisi de laisser chaque automne leur feuilles se transformer en humus plutôt que de conserver ces capteurs photosynthétiques délicats sur leurs branches alors que la lumière hivernale se fait parcimonieuse et que les gelées deviennent menaçantes.

Au printemps prochain les bourgeons débourreront et de jeunes feuilles tendres comme des nourrissons reprendront leur place sur l’arbre.

La petite mort des feuilles n’est donc pas celle de l’arbre, généralement beaucoup plus longévif que l’animal ou l’être humain. [1]

Pour notre grand malheur, nous ne disposons pas nous-même d’organes que nous pourrions abandonner aux périodes défavorables pour les retrouver, nouvellement reconstitués ensuite. C’est là notre drame... Notre horloge biologique n’excède pas les cent-vint ans et nous n’avons pas hélas d’autre alternative que de passer de vie à trépas.

Nous n’avons pas non plus cette capacité qu’on les lézards d’abandonner notre queue lorsqu’un prédateur s’en est saisi. [2] Ni de changer de couleur lorsque la neige fait sa blanche apparition. En fait nous disposons de bien pauvres ressources humaines face aux nombreux aléas naturels !

Ajoutez à cela la conscience de notre finitude comme dirait Ségolène, et vous aurez tous les éléments d’une pièce aux contours dramatiques : L’existence.

Nos sociétés organisées compensent bien entendu peu ou prou ces carences ce qui fait de l’espèce humaine celle qui domine la planète, ou du moins pense la dominer. Mais nous savons à présent que les arbres, eux aussi, vivent en communautés et communiquent par divers moyens dont l’un des plus efficaces serait leur réseau très étendu de racines. Ils sauraient se défendre et s’adapter, le maître mot de l’évolution...

Apparemment, ils ne manifestent pas comme nous leur acrimonie vis à vis les uns des autres et, s’ils sont en compétition pour l’espace et la lumière, cela se pratique calmement et sans effusion de sang car ils sont les alchimistes de la forêt et connaissent les recettes avantageuses pour eux-même.

L’existence terrestre et forestière ne semble pas les perturber au point qu’ils doivent se déchirer entre eux et ils savent également rendre des services inestimables à notre chère vieille planète.

Combien d’hommes sont-ils aussi sages ?


[1Idem pour les aiguilles des résineux qui se régénèrent en permanence)

[2Ce serait peut-être au demeurant un excellent moyen de contrôler notre démographie ?