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Un PPRIF pour les gigas feux ?

lundi 7 septembre 2026, par grand-Pierre

Les Plan de Prévention des Risques Inondation (PPRI) et l’identification des Zones d’Expansion des Crues (ZEC) concernent la mise en sécurité des zones inondables sous certaines contraintes administratives et la réalisation éventuelle d’ouvrages. Ils ont remplacé en 1995 un zonage antérieur le PZS (périmètre de risque).

Le PPRI

Les zones couvertes par le PPRI (1 et 2) régissent l’urbanisation et sont là pour empêcher les maires d’attribuer des permis de construire dans les territoires à risque. Souvenons-nous d’épisodes dramatiques comme Vaison-la-Romaine par exemple. (Crue de 1992 et PPRI enfin approuvé en 2009 !).

Ces plans de prévention sont souvent mal ressentis car ils sont évidemment contraignants. C’est la rançon à payer pour la sécurité. Une zone d’expansion des crues peut y être associée. De fait le dérèglement climatique entraîne des épisodes pluvieux de plus en plus intenses et des crues toujours plus redoutables. Les PPRI ont donc toutes les raisons d’exister !

Le zonage pluvial quant à lui est souvent associé au PLU (Plan Local d’Urbanisme). Il identifie les chemins du ruissellement en cas de pluies torrentielles, régit l’urbanisme et localise les zones d’infiltration pour les eaux.
Mais si je vous parle du PPRI et du PLU c’est pour une bonne raison.

UN RISQUE DE PLUS EN PLUS PRESENT

Les dramatiques évènements survenus cet été sont dus au dérèglement du climat. Malgré que certains personnages douteux soient encore dans le déni, il ne nous est plus possible d’en douter. Il est tout à fait urgent d’agir.

Les incendies, rebaptisés mégas feux, ont ravagés la Gironde et les Landes pour les plus importants d’entre eux. Des habitations ont brûlé, des personnes sont mortes. Si, concernant les inondations, nous disposons de plans précis définissant les zones à risque, pour les incendies nous avons également le PPRIF (Plan de Prévention des Risques d’Incendie de Forêt). Celui-ci est-il suffisamment efficace ?

Un plan de Défense des Forêts Contre les Incendies (DFCI) existe aussi mais concerne surtout les accès et les points d’eau.

Voyons comment sont définies les règles concernant les zones forestières à risque ? Et quelles sont exactement les directives imposées par un PPRIF ?

« Elaboré par les services de l’Etat en concertation avec les collectivités territoriales, le Plan de Prévention des Risques d’Incendies de Forêts (PPRIF) a pour objectif de délimiter les zones exposées directement ou indirectement au risque d’incendie de forêt et d’y réglementer l’utilisation des sols.
Cette réglementation va de l’interdiction de construire à la possibilité de construire sous certaines conditions »
.

Mais alors, avec une telle batterie de mesures de protection et de planification des risques, comment se fait-il que des mégas feux aient ravagé les bois et les habitations ? Des questions se posent :

Les pertes des incendies en Gironde et dans les Landes de cet été 2026 ont été évaluées à 500 millions d’euros, uniquement pour leur impact sur la valeur des bois. Si l’on y ajoutait les destructions des habitats et le coût des moyens mis en œuvre pour combattre le feu et pour assurer les évacuations des personnes, à quel montant arriverions nous ?

L’inflammabilité de certaines forêts [1] est devenue particulièrement importante sous l’effet du dérèglement du climat et des sécheresses estivales. Il faudrait les identifier et les soumettre à une législation mieux adaptée.

Avant que le temps ne passe sur les mémoires et que de nouvelles canicules arrivent, je propose à vos réflexions les mesures ci-dessous comme canevas de base incontournable à intégrer dans l’élaboration d’un PPRIF réactualisé et la création de ZFR : [2]

IL S’AGIRAIT DE REALISER

 Un zonage précis des milieux les plus particulièrement exposés aux incendies de forêt (Zone Forestière à Risque) et mis à jour chaque année. (Pompiers).
 Aucune tolérance de construction nouvelle, isolée ou collective, en ZFR. [3]
 Une large zone déboisée et débroussaillée régulièrement entretenue autour des lotissements existants et autres bâtiments en ZFR (150 m où s’appliqueraient les mêmes directives que pour les Obligations Légales de Débroussaillement).
 Un cahier des charges indiquant les intervalles de temps imposés pour l’entretien des parcelles
 Des constructions existantes en ZFR évoluant vers une meilleure résistance au feu. (Pierre ou béton - persiennes métalliques - charpentes ignifugées - réduit protégé pour les matières inflammables - points d’eau incendie alimentés dans chaque lotissement).
 Des accès largement dégagés et entretenus. (7m x 7m).
 Des coupe-feu nombreux et d’une largeur suffisante dans toute la zone forestière à risque (largeur et fréquence à déterminer selon inflammabilité).
 Et aussi : Incitation pour une mixité entre résineux et feuillus dans les reboisements

Une partie importante de ce plan comportant des travaux d’entretien reconductibles, la législation devrait être dissuasive à ce sujet et les amendes élevées en cas de non-exécution. S’y ajouterai les recommandations préfectorales, les aides aux impécunieux etc. Ce non respect de l’entretien obligatoire représente un sérieux problème actuellement.

Ces mesures, certes drastiques et contraignantes, se justifient par la forte probabilité à l’avenir que l’on subisse des canicules à répétition et des sécheresses durables entrainant des mégas feux. Elles ne concerneraient que les zones les plus exposées.

Ce plan une fois en place et contrôlé régulièrement réduirait considérablement le risque d’incendie en limitant les départs de feu et en facilitant le travail des sapeurs-pompiers.

Il maintiendrait les résidents en sécurité et viendrait compléter la conduite d’un reboisement en forêt mixte (feuillus et résineux) nécessaire à la résilience des forêts.

On ne devrait plus autoriser le bâti en forêt zonée en ZFR, (Ce qui équivaut à disperser des allumettes dans une meule de paille) et soumettre celui existant déjà à de nouvelles normes incendie. [4]

Les contraintes inhérentes à ce plan et une reforestation responsable éviteraient à l’avenir de revoir les gigas brasiers dévorer les forêts et les habitations et de devoir engager d’énormes et très coûteux moyens pour les éteindre. Il serait alors facile de comprendre tout l’intérêt d’instituer un « PPR-Incendie-Forêt réactualisé par la création de ZFR » dans les régions forestières les plus exposées…

Portfolio


[1] Et plus particulièrement les plantations de résineux équiennes.

[2] Ce qui correspond à l’existant : « classement de massif à risque d’incendie » (Code forestier).

[3] Les constructions autorisées « hors zone » devraient se trouver à plus de 300 m d’une ZFR.

[4] On sait de manière statistique que 90% des incendies ont une origine humaine.

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