Blog de grand-Pierre

La crise s’amplifie et va sans doute durer

mercredi 8 octobre 2008 par grand pierre

Le détournement par les gouvernements libéraux de centaines de milliards d’argent public pour remettre "à flot" les banques privées et abonder un capital de crédit pour les entreprises ne semble pas prêt de rétablir la confiance sur les marchés financiers.

Le holdup du siècle :

Le détournement par les gouvernements libéraux de centaines de milliards d’argent public pour remettre "à flot" les banques privées et abonder un capital de crédit pour les entreprises ne semble pas prêt de rétablir la confiance sur les marchés financiers.

Le yoyo des cotations boursières n’en finit pas et ces dernières semaines ont vu quantité d’institutions financières se ramasser en beauté ; les faillites bancaires se comptent par dizaines aux états-unis comme en Europe et en Asie.

Des coffres-forts pleins de sable :

Le système est basé, non pas sur des actifs industriels ou commerciaux stables, qui ne représenteraient que 2% du volume des titres, mais sur une énorme bulle spéculative alimentée par le crédit. Cela permet de faire de l’argent avec rien ou plutôt si : Avec les fonds estimés d’un remboursement avec intérêt malheureusement devenu tout à fait hypothétique !

Quand la vague se met à déferler, c’est la panique car ce business ne peut fonctionner qu’avec la confiance des banques qui se prêtent mutuellement des fonds. Quand le crédit, pratiqué à tord et à travers et avec des clients insolvables ne rentre plus, on s’aperçoit que le compte n’y est pas, que les caisses ne sont pleines que d’actions sans valeur.

Le grand mensonge de madame Lagarde :

La violence de cette crise s’explique par la masse énorme des spéculations risquées auxquelles tous les organismes ont participé, quoi qu’en dise notre ineffable ministre de l’économie et des finances. Les créances douteuses ayant été transformées en actions (titrisées) et mixées à d’autres titres, il est très difficile pour les établissements bancaires de connaitre leur situation financière réelle et les marchés s’effondrent. De plus, le colossal marché des titres garantissant les fluctuations (en trillions de dollars) ne peut pas résister au tsunami actuel et participe à la chute des valeurs.

Du jamais vu !

Les banques centrales occidentales et asiatiques viennent de baisser les fameux taux directeurs (cout du crédit = 3,75%) et ceci de façon concertée. Cette mesure apaisera-t-elle les angoisses des investisseurs ? Tant qu’à se concerter, pourquoi ne pas demander une conférence mondiale pour une sortie de crise ? L’OMC, si preste à déréguler et assouplir les contrôles des marchés pourrait peut-être proposer des solutions globales ? [Ont participé à cette baisse concertée des taux d’intérêt : la Banque centrale européenne (BCE), la Réserve fédérale américaine (FED) et leurs homologues britannique, canadienne, chinoise, suédoise et suisse.]

Garanties virtuelles :

Si les épargnants retiraient tous à la fois leur économies aujourd’hui, les banques, même avec la garantie des états seraient probablement insolvables. Les provisions étant largement insuffisantes ! Les banques ne sont tenues d’avoir des réserves qu’à hauteur de 8,5% de leurs engagements. Quant à la garantie de l’état de 70 000€ par compte, il faut savoir que les dépôts en France se montent à 1650 milliards d’euros alors que le Fond de Garantie des dépôts ne détient pas plus de 1,8 milliard d’euros en caisse ! C’est prévu pour fonctionner parfaitement lorsque tout va bien.

N’oublions pas, dans cette tourmente qui ne touche pour l’instant que la finance mais qui va forcément avoir des effets très négatifs sur les entreprises, la vie des citoyens (récession - chômage - pouvoir d’achat - crédit) et sur les collectivités (subventions - dotations), n’oublions pas disais-je que le traité constitutionnel a tenté d’en graver les grands principes dans le marbre en 2005. Le traité modifié de Sarkosy en 2008 et voté par le congrès en a reprit l’essentiel. On se rend mieux compte à présent pourquoi nombre de gens se sont battus pour que l’Europe ne se construise pas sur de telles bases.

Les nouveaux alter-mondialistes :

Cette crise financière du siècle va-t-elle s’atténuer ou s’amplifier jusqu’à l’implosion complète du système ? Ce ne sont pas les déclarations des intéressés qui nous le diront. La guerre psychologique est déclenchée et l’intox circule à tous les coins de rue, ce qui n’est pas fait, au dire de nombreux spécialistes, pour rétablir la confiance entre acteurs économiques.

Pour faire passer l’infusion amère des milliards d’argent public dépensés sans effet notable, nous entendons de beaux discours, de belles envolées sur la fin d’un monde et la venue d’un ordre (économique) nouveau. Ces paroles sont prononcées par ceux là même qui ont tout fait pour promouvoir la liberté des capitaux de circuler et l’Organisation Mondiale du Commerce. N’en doutez pas, dés demain, si la crise s’apaise, ils reviendront à leurs vieilles lunes capitalistes et nous en serons pour nos milliards, sans changement aucun, mis à part une récession sévère qui sera supportée par les classes moyennes et les "minimas-sociaux".

Pendant ce temps, certains gros investisseurs misent sur la crise pour faire leurs emplettes en vertu de l’adage boursier qui veut que "...Lorsqu’il y a du sang dans la rue, c’est le temps d’investir".

Les élections américaines seront sans doute favorables à Obama, mais celui-ci n’en est pas moins un libéral convaincu et la traduction politique du changement radical et nécessaire n’est certainement pas pour demain.

Quand aux français, pris entre Ségolène, Delanoë et la Sarkosie, ils ne sont pas encore sortis de l’ère capitalistico-libérale !

Un américain fraichement expulsé de sa maison : "Oh, ma baraque Obama, me la rendras-tu" ?


Citation : "Lagarde meurt... mais sans décréter la récession".


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