Accueil > Littérature > Le cerveau qui n’obéissait plus
C’est le lot commun des peines de cœur, des fins de couple, des séparations. Lorsque les sombres pensées se succèdent, comme le font les vagues qui se précipitent rageusement contre la falaise.
Déchirure et solitude
Un être très cher, trop cher qui s’éloigne pour toujours de vous. Un vide, une absence insupportable. Une douleur qui ne veux pas prendre fin. C’est le lot commun des peines de cœur, des fins de couple, des séparations.
Puis après quelques temps une solitude horrible s’installe peuplée par les images de la vie d’avant. L’être cher revient, fantôme cruel et sans pitié, pour tourmenter à loisir vos heures qui semblent, interminables.
Fantôme soit, cela en est effectivement un, mais ce fantôme c’est toujours mieux que rien malgré tout ; fantôme que vous rappelez sans cesse et qui emplit le vide si redouté laissé par cette absence désormais permanente. Votre cerveau patine et se laisse envahir. Il vous exprime des douleurs violentes, il vous envoie de profonds sanglots. Vous êtes seul, définitivement seul.
(Pour revoir l’être cher et communiquer avec lui. Il faudra compter des années avant que cela puisse se faire sans dommage.)
La rumination
Vous vous sentez diminué, moche, vieux et nul. Votre peine vous afflige. Vous commencez de ruminer. Ah ! Pauvre idiot ! Vous n’auriez jamais du laisser la porte ouverte à ce fichu fantôme car il va vous briser. Il va revenir, sans prévenir et sans cesse vous infliger les pires brûlures.
La lutte se révèle inégale. Le fantôme est le plus fort. C’est lui qui décide de revenir ou de s’en aller. Vous n’y pouvez plus rien. La colère vous prend par bouffées et la haine vous envahit. Mais vos cris ne servent à rien et retombent dans le silence. [1]
Si celle qui vous a quitté vous entendait elle vous croirait devenu fou. Vous êtes fou d’ailleurs. Vingt-sept années de vie à deux et puis... Plus rien. Il n’y a plus à présent pour vous une seule heure de répit. L’appétit vous a quitté. Il vous faut sans arrêt trouver quelque chose à faire sans quoi le fantôme se repointe.
« Mais qu’ai-je donc fait pour mériter cela ? » La sentence pèse de tout son poids sur vos épaules. Sort injuste, comment peut-on se montrer si cruel ? Faire appel ? Pas dans ce tribunal là. Désolé mon vieux.
Supplique
Tel le joueur addict qui, se doutant bien qu’il va perdre, remet quand même sans arrêt des jetons sur le tapis (animé par un espoir auquel il ne croit plus), vous revenez sans cesse chez votre fantôme favori pour qu’il vous raconte quelque chose d’insupportable.
Et ça dure, et ça dure. La semaine s’écoule puis une autre et une troisième encore. Toujours pareilles. Les images de la vie d’avant reviennent sans fin. Les chasser ? Les enfouir ? Essayez toujours... Vous qui êtes si malin.
Anéanti vous implorez votre ex : « Laisse moi s’il te plait, oublie moi je t’en prie. » Mais le fantôme ne réagit pas car le fantôme c’est justement vous et ça, ne me dites pas que vous l’ignoriez !
« Cher petit cerveau à quoi ça rime de me tirer ces flèches ? Je suis avec toi, nous sommes amis tous les deux, tu ne peux continuer éternellement de me faire du mal. » Bien évidemment vous ne répondrez rien, curieux prisonnier sans geôlier, captif de vos propres méninges.
Cette histoire prendra fin, comme les guerres qui finissent toujours par prendre fin. Le fantôme disparaîtra un jour, plus tard, bien plus tard. Une amitié, un amour, un sourire y seront pour quelque chose certainement.
Ainsi vont les choses de la vie.
[1] Le fantôme, pour le psychologue représente le TOC (Trouble obsessionnel compulsif). C’est différent du chagrin d’amour et se caractérise par des boucles mentales épuisantes.



Messages
1. Le cerveau qui n’obéissait plus, 2 janvier, 14:52, par Mike Tirebling
Je faite brake down autrefois pareil. Exactemment pareil. Je vais bien aujourdhui. alright now.
Très bon article. Regards Mike