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Spiritualisme de substitution

samedi 8 novembre 2025, par grand-Pierre

Ce qui est spirituel n’est pas forcément amusant...

Grecs et Romains

Au cours des civilisations passées, les humains nommèrent leurs dieux ce qui les rassurait tout en les soumettant au dogme et aux quatre volontés des grands prêtres.

Un Panthéon fort sympathique peuplé de dieux à figure humaine et soumis aux mêmes passions que celles des terriens existait alors, ces dieux se mêlant parfois aux hommes pour des aventures extra conjugales. Les dieux partageaient avec nous leur divinité. Mais lorsque Zeus envoyait la foudre, croyez moi, pas question de faire les malins !

Et puis finalement, parce qu’il faut bien un chef quelque part, les religions monothéistes firent leur apparition, n’autorisant qu’un seul dieu suprême et sa progéniture masculine. A l’image des empereurs terrestres, les dieux grecs du Panthéon se muèrent en un seul maréchal, commandeur de l’armée des croyants. (Il existait toutefois un staff de saints et de prophètes qui se tapaient les tâches ordinaires).

Moi qui fut élevé dans la religion protestante je me souviens du « Notre père », cette prière si souvent récitée : ... Et c’est à toi qu’appartiennent en tous les siècles, le règne, la puissance et la gloire. Enfant, cela m’impressionnait beaucoup d’avoir au-dessus de moi cet être si puissant et glorieux. Il fallu des années pour que je grandisse et commence à me méfier des puissances, quelles qu’elles soient.

J’ignore si d’autres religions disposent également de dieux super puissants ? Je ne sais pas si le Bouddhisme n’y échappe pas ? Peut-être bien.

Mais où veut-il en venir à la fin ?

Univers (-270,45 °C)

Je serais bien incapable de vous dire s’il existe quelque part un être à l’origine des mondes. Mon petit cerveau d’humain si minuscule au sein de l’univers ne saurait y suffire. L’idée serait plaisante et plutôt rassurante car notre solitude au sein de cette immensité infinie et glacée nous procure bien des angoisses. Et nos angoisses se traduisent souvent par des conflits car nous avons tendance à les projeter sur les autres.

Tandis que les religions, elles, remettent les choses à la bonne place. Dieu est bon (dans l’ensemble) et puis c’est notre mutuelle à tous. Tout ou presque en ce bas monde trouve ici son explication. La vie, la mort, le bien, le mal. Pas de questionnement métaphysique ; il suffit de croire. La foi passe sur les esprits comme un rayon de lumière. Nous pouvons aussi communiquer avec dieu car son fiston connait bien la terre. Il est venu autrefois mais n’a pu malheureusement y rester aussi longtemps qu’il le souhaitait. Enfin, si ce n’était que lui, ça irait. Il racontait de l’amour, de la solidarité et condamnait la violence et le meurtre. Un type bien ce Jésus de Nazareth. C’est sûr. Et pas fier avec ça !

T’as p’têt raison seulement voilà...

Je ne sais donc pas si dieu existe mais je sais que ce sont des hommes qui administrent les fidèles, même s’ils se décrètent prêtres par la grâce de dieu. L’histoire nous apprend qu’ils ont organisé des croisades, ont réprimé les courants divergents, ont torturé les hérétiques, ont amassé des trésors au cours des siècles. Que les églises se sont rangées systématiquement au côté de l’ordre, fût-il le plus réactionnaire qui soit. [1] Qu’elles ont été à l’origine de guerres de religion fratricides. Il n’y a aucun dieu là-dessous mais seulement des hommes, même si ceux-ci cachent parfois leur sexe sous une robe.

Scène de torture sous l’inquisition

Pourtant tout n’est pas à jeter dans ces histoires. Il existe des croyances « aimables » qui incitent au pardon et à l’humilité et qui ont sur les fidèles un ascendant positif. Mais il existe aussi des croyances « virulentes » pourvoyeuses de haine, d’exclusion et de mort...

Souvent ces dernières ne sont qu’un prétexte religieux fallacieux pour mener à bien des entreprises criminelles ou s’emparer du pouvoir. C’est le lot commun des croyances que de pouvoir être dévoyées par l’interprétation malveillante des écritures.

Inventer une nouvelle façon de croire

Mais si nos concitoyens découvraient subitement que le roi est nu, que les religions ne font que manipuler leurs ouailles et que dieu n’est au mieux qu’un vague concept qui nous aide à vivre, ils seraient brutalement livrés à eux-mêmes, sans boussole, et risqueraient de s’égarer. Vous ne croyez pas ?

Les préceptes religieux et moraux ne jouant plus (c’est bien souvent déjà le cas), la vénalité, la criminalité et l’absence de conscience sociale prendraient la main. En fait, nous aurions un monde devenu sans foi ni loi qui ne serait plus tempéré par les croyances religieuses.

Il serait nécessaire alors d’accompagner les consciences qui ne sauraient être « affranchies » de la spiritualité du jour au lendemain sans provoquer de graves perturbations sociales. Il faudrait parvenir dans l’urgence à réorienter la foi religieuse vers quelque chose de positif autant que nécessaire ; quelque chose qui ne soit pas une croyance mais une évidence. Par exemple lui donner foi en la nature...

La nature

Escargare - Crédit Pierre Muller
Crédit Pierre Muller

Mais ne faîtes surtout pas de la nature une religion nouvelle ! Ne distribuez pas chers curés des indulgences aux sociétés qui pratiquent le green washing ! n’accordez pas la rédemption aux végétariens ! Et la grâce céleste aux présidents des COP qui sont sans compromission !

Songez plutôt à prendre conscience de tout le merveilleux qui nous entoure et dont la science nous dévoile jour après jour l’incroyable complexité. [2] Nous devrions tous nous mettre en marche, non pas vers une lointaine et inaccessible Jérusalem, mais sur le chemin de la vie sur notre planète terre, vers la rémission des agressions que nous lui faisons subir en nous condamnant probablement nous mêmes. [3]

Il y a là un énorme gisement pour l’amour, non pas celui de Jésus, mais l’amour pour cet immense cadeau que nous avons reçu en héritage et dont nous sommes devenus comptables : La nature. Il faudrait se mettre en mouvement sans plus tarder et s’atteler aux taches urgentes pour sauver la biodiversité. Se bagarrer contre les systèmes économiques qui pillent les ressources et polluent l’air, le sol et l’eau. Bref défendre tous ensembles ce qui vaut vraiment la peine que l’on y croie. Et aussi arrêter les guerres.

Cela me rappelle une comptine d’autrefois que ma maman m’avait apprise :

Il était une fois une marchande de foie
Qui vendait du foie dans la ville de Foix
Elle se dit ma foi c’est la première fois
Que je vends du foie dans la ville de Foix

Vous voyez bien que la foi/e/x/s peut se décliner tout à loisir !

Portfolio


[1] Un exemple : L’église catholique espagnole sous la dictature franquiste.

[2] Oui chers éminences, la terre tourne bien autour du soleil !

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