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Un milliard d’arbres pour sauver la forêt française ?

vendredi 21 mars 2025, par grand-Pierre

Article à propos du déplacement des essences ou de leur importation
sur le territoire français pour anticiper les problèmes
dus au réchauffement climatique

A partir de quarante degrés Celsius, les protéines commencent à se dénaturer et la photosynthèse et autres processus physiologiques atteignent leur limite. [1] Afin d’anticiper la mort des arbres le gouvernement lance un nouveau plan national d’adaptation au changement climatique

Pour réaliser ce plan les études actuellement en cours sont basées sur deux méthodes différentes :

  • Méthode corrélative
    Celle-ci est basée sur l’implantation géographique des essences compte tenu des températures supportées par celles-ci.
  • Méthode mécaniste
    Celle-ci est plutôt orientée sur les possibilités d’adaptation des essences à leur milieu
  • 1. La première méthode ne tient pas compte des possibilités adaptatives des essences mais de leur seule implantation actuelle « figée » et fausse ainsi les résultats.
    C’est pourtant sur ces données que le projet de raser à blanc 10% de la forêt française est construit. Les gestionnaires forestiers estiment qu’il serait préférable de « récupérer » dès à présent le bois condamné à terme et de replanter un milliard d’arbres supposés mieux résister à l’augmentation de la température. (Projet présenté par le président de la République Emmanuel Macron).
  • 2. Or les scientifiques ont constaté que certaines essences s’étaient très bien adaptées sur des territoires très différents allant de l’Espagne à la Suède, ce qui n’est pas du tout le même climat ! (Douglas). L’aire naturelle du pin sylvestre s’étend, elle, de la Sibérie à l’Andalousie !

    On constate également que le Douglas ou Pin d’Orégon (Pseudotsuga menziessii) atteint 80m (et jusqu’à 100m comme celui de la photo !) dans son territoire d’origine (Nord-Ouest des USA) alors qu’il ne dépasse pas 40m en Europe. Il existe donc parmi les essences une grande variabilité des peuplements et des potentialités adaptatives.

  • 3. Installer sur nos espaces forestiers des essences exogènes, présente par ailleurs plusieurs sortes de dangers :
    • Taille moins élevées des arbres et feuilles plus petites (essences Africaines) = + d’élévation de température au sol en milieu forestier (Risque important d’incendie)
    • Moins de litière et moins de rétention d’eau = sécheresse
    • Risque d’importation de ravageurs envahissants
    • Plantations en potets = système racinaire de moindre qualité
    • Volume de la récolte inférieur pour les arbres de petite taille
    • Forêt « équienne » (Tous les individus du même âge) et donc plus fragile
  • 4. Réaliser des coupes rases pour reboiser avec ces essences exogènes c’est donc prendre tous ces risques et de plus, remplacer une biodiversité existante déjà développée par un vide biologique
  • 5. Deux dangers potentiels menacent nos forêts : La grande méconnaissance en biologie forestière des décideurs politiques et leur éventuelle démagogie et la pression économique qui pèse sur les gestionnaires forestiers.
    Mais n’oublions pas que les décisions à prendre au sujet de la répartition des essences face au réchauffement climatique (4° à 5° prévus en 2100) impacteront le temps long et à terme l’avenir de nos forêts. La démagogie des uns et la rapacité des autres risquent d’engendrer un formidable échec et de renvoyer tout ce beau monde à la case : zéro bénéfice ainsi que zéro biodiversité.

Ce n’est pas non plus le greenwashing pratiqué par certaines grandes compagnie (clic sur l’image) qui aura le moindre impact sur le climat. Planter des « sifflets » de 5 cm de diamètre ne compensera jamais la destruction de forêts anciennes aux tiges de 80 cm de diamètre et plus... D’ailleurs il n’est pas sûr que ces « sifflets » survivent au changement climatique.

Une solution consisterait à implanter des individus d’une essence prélevée dans un milieux plus chaud et « autant que faire se peut » sur le territoire métropolitain, et par conséquent mieux adaptée au réchauffement, en remplacement ou en complément d’une essence locale fragilisée. Ceci en conservant un couvert forestier optimal avec des mélanges d’essences d’âges différents ce qui est capital. [2] Ce serait une occasion inespérée de changer de paradigme pour notre gestion forestière et de reboiser intelligemment.

Bien évidemment tout ce travail devrait être réalisé par étapes pour permettre l’installation pérenne de nouvelles essences résistantes. Des placettes en libre évolution sont d’ores et déjà mises en place par l’ONF pour étudier l’adaptation naturelle des forêts au réchauffement climatique. Et surtout pas de coupes à blanc s’il vous plait monsieur Macron !

Sources citées : Téla Botanica – Wikipédia – The Conversation


[1] Avec quelques variations selon le milieu où la plante est installée.

[2] Je crois savoir que des essais ont cours avec le pin de Salzman ou « pin des Cévennes » particulièrement résistant à la sécheresse.

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