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Articulez !

lundi 17 février 2025, par grand-Pierre

Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire vous viennent aisément. (Nicolas Boileau - L’art poétique).

Le larynx et le cerveau

Vous et moi, ils et elles, s’expriment comme ils le peuvent et selon leurs moyens dans la vie ordinaire. Nous avons plus ou moins d’éloquence, certains béguaient d’autres ânonnent, mais tous nous parvenons finalement à nous faire comprendre si d’aventure nous avons quelque chose à dire. Notre voix, claire et bien formée ou bien « de gorge » et chuchotée représente notre signature sonore pour l’auditoire.

Ensuite les choses se compliquent pour concevoir notre discours et enchaîner nos idées car il faut alors réfléchir et parler à la fois ce qui n’est pas le lot de tout le monde !

Combien s’embrouillent, disgressent sans arrêt ou bien discourent pour eux mêmes sans aucune cohérence ? Combien avalent leurs mots ou scandent leurs phrases à la façons d’une mitraillette ? Combien aboient, combien chuchotent ?

Combien sonnent creux et parlent « pour ne rien dire » ? Alors qu’un orateur calme à la voix bien posée, qui exprime sa pensée par paliers, propose des comparaisons, des exemples et vous emmène doucement, après une brillante démonstration, vers sa conclusion se fait de plus en plus rare... [1]

L’audio-visuel

Sensible personnellement à un discours bien conduit, les interviews diverses que l’on recueille sur les ondes me chagrinent bien souvent. N’allez pas penser que je suis un linguiste de haut niveau ou un universitaire expert en philologie. Je n’ai même pas mon bac !

Pourtant, cela est énervant d’écouter quelqu’un, au demeurant très érudit sur son sujet, vous offrir un discours à moitié audible faute de la plus basique des qualités d’expression.

C’est bien souvent le cas des interviews. Un(e) universitaire publie un ouvrage et sa maison d’édition lui ménage un rendez-vous sur les ondes. Selon ce que vous allez écouter vous aurez envie d’acheter le bouquin ou pas. Et malheureusement c’est souvent « ou pas ». L’intervieweur est aussi concerné s’il ne cesse de couper le discours de ses questions alors qu’on attendait la réponse précédente.

La parole en se démocratisant, ce qui est une excellente chose, ne s’est pas professionnalisée comme nous pourrions l’attendre de la part, par exemple, d’acteurs radiophoniques ou télévisuels. La qualité du son est également de moins en moins au rendez-vous. Au cinéma la musique d’accompagnement couvre parfois les dialogues chuchotés. Question d’époque ? Parler vite, penser vite, écrire vite et écouter de travers...

Un petit effort de la part de ceux qui prétendent diffuser leur paroles sur les ondes à des milliers d’auditeurs, un travail sur l’élocution, le débit, l’articulation et la construction du discours ne serait pas superflu ne serait-ce que par respect pour l’auditoire. Lorsque l’on est invité dans le monde, ne revêtons nous pas nos plus beaux atours pour faire honneur à nos hôtes ?

Il serait intéressant de lancer une requête à l’IA pour revoir les dialogues de nos émissions.


[1] Il est vrai que les journalistes et les intervieweurs laissent rarement le micro suffisamment longtemps à l’interviewé pour ce faire.

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