Le blog de grand-Pierre

Je panse donc j’essuie (Devise du palfrenier)

Accueil > Néo-libéralisme > ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE : LA VÉRITÉ SI JE MENS !

ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE : LA VÉRITÉ SI JE MENS !

mercredi 2 février 2022, par grand-Pierre

Un président pour quoi faire ?

1. COMMUNICATION EN TEMPS RÉEL

Un bon film, tourné dans les années cinquante, nous paraîtrait aujourd’hui d’une lenteur affligeante et ses différents plans sembleraient se traîner en longueur.
Pourtant lorsqu’il est sorti en salle à l’époque les spectateurs n’y trouvaient rien à redire. Pourquoi donc ce décalage de nos perceptions respectives ?

Les machines numériques désormais omniprésentes et leurs cœurs de silicium ont influencé nos rythmes de vie et accéléré nos cadences à tel point qu’à présent une page web qui ne s’ouvre pas en trois secondes est immédiatement zappée.

Il suffit de regarder un ado pianoter à toute allure sur son portable pour s’en convaincre.

JPEG - 37.3 ko
Chuuut !

A moins de vivre seul dans une campagne et entouré seulement de quelques bêtes silencieuses, notre attention est sollicitée à tout moment, accrochée par les pubs et mobilisée par un véritable nuage médiatique. Radios, télés, réseaux dits « sociaux », presse numérique ou papier, sites web se pressent autour de nous tel un essaim bourdonnant.

2. ALLER PLUS VITE

Au boulot chaque employé lambda équipé de son poste branché au réseau maison abat en une heure de travail ce qui aurait demandé une journée entière aux blouses blanches de jadis.

Ne pensez pas pourtant à des cadences infernales. Les usines qui subsistent encore chez nous produisent plus et mieux avec pour tout personnel quelques rares techniciens conduisant leurs machines à l’aide de nombreux écrans.

A se demander où est passée cette énorme croissance démographique qui, depuis la dernière guerre a enrichi le pays de vingt millions de citoyens supplémentaires ? (de 45M à 66M).

Cette énorme croissance nettoie les chambres d’hôtel et les rames de métro sans doute.

3. LE MOTEUR DE LA TENSION

On me posait récemment la question : Quel sont les plus grands entrepôts d’Europe ? Réponse : Les autoroutes.

En effet les marchandises ne sont plus stockées comme auparavant. Le commerce à flux tendu a changé la donne et elles se trouvent maintenant en majorité : En mouvement sur les autoroutes. Mais elles naviguent également sur les mers empilées sur les porte-conteneurs géants.

Une démographie galopante, une compétition concurrentielle internationale sans limites, des processeurs et des logiciels intégrés à nos vies, des rythmes de travail inflationnistes, voici la recette des tensions individuelles ou collectives, qui se sont insidieusement installées, que ce soit au sein de nos collectivités ou ailleurs sur la planète.

Cette humanité « accélérée » ne s’entend plus, ne s’écoute plus.

Pas le temps. Trop de gens. Produire, gagner, consommer (si l’on peut) et faire tout en même temps si possible.

Si la nourriture chez nous ne fait pas défaut le temps disponible est rationné sauf peut-être pour les retraités ou les chômeurs.

4. UNE PANDÉMIE POUR APPRENDRE LA TERRE

La nature multi-millénaire sait s’autoréguler, l’humanité, elle, ne le sait malheureusement pas. La démographie est un sujet capital mais dont peu de personnes parlent et qui ne préoccupe apparemment pas nos dirigeants politiques.

Les forêts primaires, si bien décrites par le botaniste Francis Hallé, ont mis des millénaires à progresser vers un équlibre et une richesse biologique incroyable, en associant leur propre environnement à leur évolution.

Les sociétés humaines, elles, croissent de façon anarchique, ignorant toute régulation, dans un contexte perpétuellement conflictuel et dévastateur pour leur environnement. Serait-ce là le progrès, cette chimère inlassablement poursuivie par les hommes ou bien n’est-ce pas plutôt au sein de cette forêt riche de sa diversité et enchantée par le chant des oiseaux que l’on rencontre finalement la véritable intelligence ?

On pourrait dire,de façon illustrative, que nous nous trouvons tous dans un train à grande vitesse bondé qui filerait vers une destination improbable et pleine de dangers tandis que des milliers de haut-parleurs diffuseraient des infos contradictoires.

Accident gare de l'ouest (Montparnasse) 22 octobre 1895

Car au-delà des fausses nouvelles qui circulent, plus ou moins instrumentalisées, la masse énorme des informations diverses qui nous environnent brouille notre perception des enjeux de société.

La pandémie de Covid 19 a malgré tout quelque peu ébranlé le paradigme libéral concurrentiel et nombreux sont ceux qui s’interrogent et s’inquiètent pour l’avenir de leurs chers petits enfants. Mais cette prise de conscience pour combien de temps encore ? Pour quels changements ? Quelles réformes du système ?

5. JOLI MOIS DE MARS

Au joli mois de mars, nous irons dans les bureaux de vote élire un président. Le grand bataclan des tam-tams, les catalogues de mesures à prendre et les grand-messes médiatiques ne risquent pas d’affriander plus que ça des électeurs qui ne croient plus hélas aux vertus de notre démocratie parlementaire.

Trop ont été déçus, oubliés, exploités et jetés parce que moins rentables de quelques points ; trop sont fatigués des débats qui ne les concernent pas tandis que d’autres se gavent et profitent de toutes les opportunités offertes par le système libéral pour s’enrichir. Le fossé s’élargit constamment entre les riches et les pauvres. Il nous pleut partout de nouveaux milliardaires comme une mousson d’injustice...

C’est une situation malsaine.

Nous savons que le président ne peut quand à lui qu’incarner le pouvoir. Et que d’autres détiennent de fait en sous-main des moyens de pression colossaux suffisant à l’instrumentaliser.

Nous savons également où nous méneraient les chantres des droites radicalisées qui, comme les virus font leur croissance sur la litière des crises et le fumier des riches.

Alors, changeons vite de république. Vive la sixième ! Celle du peuple et pas celle du président… Ni surtout celle des apprentis fascistes.

L’Internationale
L’Internationale chantée par Marc Ogeret