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Attentats terroristes

Assassinat de Samuel Paty et attentat de Nice

lundi 19 octobre 2020, par grand-Pierre

La mort islamiste a frappé ce prof d’histoire géo, tué par le bras armé d’un jeune, fils d’immigrés tchéchènes.
A l’heure de boucler cet article, deux autres attentats ont eu lieu à Nice et à Lyon faisant plusieurs morts à l’arme blanche.

Saluons d’abord la mémoire de cet enseignant, victime de la barbarie obscurantiste et apportons à ses proches tout notre soutien en ce moment horrible qu’ils traversent.

Quoi qu’il advienne, il y aura malheureusement toujours des candidats, fanatisés ou débiles, (ou les deux à la fois), pour commettre des attentats. Des personnes qui n’ont pu ou n’ont su évoluer dans leur culture pour s’intégrer à la république et en comprendre le fonctionnement et l’éthique. Des voyous ou des barjos. Contre cela, la seule parade est répressive et policière.

Ce n’est pas d’eux dont je souhaite parler ici mais plutôt de l’environnement qui pousse à l’acte ces criminels. Et là, il y a matière à réflexion.

Ne nions pas que l’islam soit en crise actuellement. Crise culturelle et politique. Culturelle face à l’évolution vers l’émancipation et politique avec l’abcès de fixation que représente Jérusalem et la Palestine, sans parler de la guerre d’Irak menée par les Etats-Unis. Les tensions se cristallisent partout dans le monde arabe (voir ailleurs), tensions desquelles a émergé l’islamisme radical qui sévit également à présent en France.

A ce propos justement, la France est une nation qui a toujours mis en pratique la nécessité d’intégrer les populations arrivantes, privilégiant le moule républicain à l’impasse du communautarisme. Au fil des décennies des vagues nombreuses arrivèrent de l’étranger, souvent d’ailleurs pour occuper les emplois les plus durs et les plus mal rémunérés. Ces polonais, italiens, espagnols, africains, algériens etc. s’intégrèrent à la nation au fil des générations. Pourtant, pour ces derniers, les algériens, le triste passé colonial de la France, dont la remise en cause politique ne fut jamais véritablement déclarée, ne favorisa guère leur intégration.

Les polacs, les macaronis, les espingouins eurent droit à leur part du racisme et de la xénophobie ambiante. Ils s’en remirent progressivement... Pour les algériens, ce fut beaucoup plus compliqué car l’Algérie connu hélas les opérations de "maintien de l’ordre" [1] avant de pouvoir accéder à l’indépendance. [2] La terrible répression policière de la manif des algériens à Paris en octobre 1961 a également laissé une cicatrice profonde dans la mémoire des algériens de France.

Ne pensez pas que je sois en train de justifier par ce triste passé colonial les dérives radicalisées de certains musulmans en France. Ceci ne justifiant pas cela. Le désir d’une reconnaissance identitaire ainsi que de conserver le lien avec sa culture d’origine est tout à fait légitime s’il ne s’accompagne pas toutefois de la volonté de repli communautaire citée plus haut. Je ne suis pas ignorant des polémiques virulentes qui existent quand au parti des indigènes de la république qui considère à ce que j’ai pu comprendre, les musulmans de France comme étant "les colonisés" de la république.

Le danger qui menace en France, c’est le repli communautaire, déjà largement amorcé [3] et en partie alimenté de l’extérieur par les idéologues des zones de conflit. Lorsque je parle de zones de conflits, je n’oublie pas l’époque de la guerre civile en Algérie et les milliers de morts qu’elle fit ni les nombreux algériens qui vinrent alors se réfugier en France.

Bien entendu, le problème social est évidemment posé dans cette équation à résoudre de la radicalité avec la concentration dans les banlieues de populations "défavorisées", (ce qui n’est d’ailleurs pas toujours le cas), ou "marginalisées" avec un taux de chômage des jeunes impressionnant par endroit.

En résumé, il y a les populations issues de l’immigration qui se sont parfaitement intégrées ; celles dont l’intégration pleine et entière représente un véritable parcours du combattant et celles qui ont renoncé à s’intégrer et qui vivent en marge ou se jettent dans les filets du radicalisme comme ces jeunes musulmans habilement manipulés qui sont partis en Syrie pour faire le djihad. [4]

Plus problématique et insidieuse pourrait être l’opinion publique des musulmans en France, balancée entre préceptes religieux et laïcité de l’état. Samuel Paty est mort pour avoir tenté d’expliquer la laïcité à ses élèves. C’est très grave. On sait que des pressions s’exercent par le biais de parents d’élèves adeptes de la charia à la française [5] sur les profs, ce qu’il ne faut accepter sous aucun prétexte.

Quelle que soit leur orientation culturelle ou religieuse, les français sont d’abord et avant tout des républicains. Le citoyen avant le religieux. Le droit de la république faisant loi et non pas l’islam [6] comme dans de nombreuses nations théocrates. La liberté, inscrite au fronton de nos monuments est à ce prix et nos prédécesseurs, qui ont connus les atrocités des guerres de religions aux siècles passés, l’auraient certainement apprécié.

Tous les français ont le devoir de comprendre et de s’approprier ce principe fondamental de l’organisation de notre société afin que tous puissent se sentir ici chez eux et vivent en paix et en harmonie. Les autres, ceux qui refusent de l’accepter, ou qui voudraient l’aménager à leur usage feraient bien d’aller voir ailleurs si le ciel y est plus bleu.

Enfin pour ceux qui soutiennent l’attentat contre Samuel Paty sur les réseaux sociaux, ils nous préparent un avenir politique réactionnaire, voir d’extrême-droite. Est-ce cela qu’ils appellent de leur vœux ? Qu’auraient à y gagner les musulmans de France ?

Les propagandistes de l’islam radical politique cherchent à isoler la population musulmane et à déstabiliser notre démocratie. Tous doivent comprendre que c’est le pire des scénarii envisageables. La religion n’ayant finalement pas grand-chose à voir là-dedans.

Musulmans, nos chers amis, n’écoutez pas les tenants de ce jeu mortifère et restez respectueux des valeurs de la république !

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Dernière minute

Ce jeudi 29 octobre 2020, je viens d’apprendre qu’un attentat terroriste au couteau a fait trois victimes à Nice. Certains commentateurs évoquent bien entendu un rapport entre cet attentat et les propos récents du président de la république sur le séparatisme ainsi que de la polémique soulevée par ceux du président de la Turquie Erdogan.

Le dessin satirique publié par Charlie hebdo à propos d’Erdogan est parfois cité, par des âmes bien pensantes, comme étant mal venu étant donné la tension entre Occident et musulmans.

Ces commentateurs experts, prêts à négocier avec le fascisme islamiste comme l’était Chamberlain, (le premier ministre de Grande Bretagne à l’aube de la deuxième guerre mondiale) avec Hitler, plutôt que d’affirmer les fondamentaux de notre constitution face à ces fondamentalistes religieux et surtout politiques, souhaitent un "apaisement" et, sous entendu, que la presse fasse l’impasse sur le satyrisme concernant l’islam. Que notre président mette "la pédale douce" sur les questions du communautarisme religieux.

Quelle grave erreur ! Un dessin humoristique est et restera un dessin humoristique et seulement un dessin humoristique. La rédaction de Charlie hebdo peut bien publier tout ce que la loi lui autorise sans que la Turquie n’ait son mot à dire. Ce magazine ne tire qu’à 50 000 exemplaires et je doute que monsieur Erdogan fasse partie de ses abonnés !

La liberté d’expression ne supporte pas les aménagements. Un peu ou beaucoup de liberté ne voudrait rien dire. On ne négocie pas la liberté, elle est ou elle n’est pas.

Les musulmans en France représentent à peu près 10% de la population et les turcs y sont les moins représentés. Une real politique de l’état serait mieux inspirée, plutôt que de baisser pavillon devant la menace islamiste en instituant une auto-censure déshonorante pour nos valeurs démocratiques, de réduire les inégalités sociales qui frappent plus que les autres les minorités musulmanes .

Certains élus malins et clientélistes eux, ont choisi le compromis en finançant des lieux de cultes en dépit des lois sur la laïcité afin de pouvoir conforter leur mandat grâce aux votes de l’électorat musulman concentré sur leur circonscription.

Comme vu plus haut dans l’article, des, directeurs d’écoles publiques sont la cible de parents d’élèves qui font pression pour instaurer des pratiques non républicaines à l’école.

Face à ces situations la république doit rester ferme sur ses fondamentaux et il n’y a rien à négocier à propos de la liberté et de la laïcité avec qui que ce soit.

Ce n’est pas celui qui crie le plus fort ou qui fait du mal à autrui qui doit être écouté et obéi si nous voulons pouvoir encore longtemps profiter des nos acquis communs à propos du vivre ensemble.

Les bonnes volontés véritables sont partout partisanes de la paix ; souhaitons nous donc de pouvoir continuer à vivre cette paix ensemble sans que les tensions ou les haines soient instrumentalisées jusqu’au point de vouloir supprimer des vies.


[1La guerre d’Algérie

[2N’oublions pas que, dès 1948, le massacre de Sétif à fait de très nombreuses victimes algériennes

[3-Par exemple, on rencontre maintenant souvent des costumes traditionnels là ou les personnes portaient encore des jeans il y a peu.
- Madame Sperber citait au micro de France culture un sondage donnant pour certains quartiers plus de 50% des élèves qui pensaient que l’islam devait prévaloir sur la république ce qui, si ce sondage s’avérait crédible, serait plutôt alarmant !

[4Effort que doivent fournir les musulmans pour rester dans le droit chemin et combattre les ennemis de l’islam

[5La charia représente dans l’islam diverses normes et règles doctrinales, sociales, cultuelles et relationnelles édictées par la révélation

[6L’islam ou d’autres religions pour dire vrai