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Et si l’éthique était toc ?

samedi 27 juillet 2019, par grand-Pierre

Un projet de loi sur la bioéthique amène le législateur à considérer les évolutions sociétales mais pas seulement...

L’éthique - Définition

L’éthique est une discipline philosophique portant sur les jugements moraux. C’est une réflexion fondamentale sur laquelle, en principe, la morale (en grec ethos) de tout peuple pourrait établir ses normes, ses limites et ses devoirs. [1]

L’éthique n’est donc pas seulement "bio" mais représente le cadre établi de la morale de nos sociétés. Ce qui pourrait se définir d’une autre façon : Nos sociétés ont-elles une morale qui leur est propre ?

Nous répondrons oui si nous considérons le fronton de l’Assemblée nationale : Liberté - Egalité - Fraternité, les valeurs fondatrices de notre république. Oui si nous considérons les lois qui protègent les plus faibles et les plus fragiles, oui aussi si nous applaudissons aux lois qui protègent les travailleurs ou qui catégorisent les différents niveaux d’imposition, qui séparent les pouvoirs et assurent les libertés individuelles. Et encore oui et oui pour les lois qui protègent notre environnement et préparent la transition énergétique et écologique.

Nous répondrons non par contre à celles qui tendent à réduire ces protections, à limiter les droits syndicaux, à favoriser les riches ou plutôt le capital privé par rapport au travail social. Et nous n’ignorons pas, ou nous serions alors des aveugles, que les sociétés occidentales évoluent rapidement vers un capitalisme (libéralisme) décomplexé et concurrentiel à l’extrême. Ce paradigme libéral représente-t-il la nouvelle morale, la nouvelle éthique en vigueur ? Les Donald et les Boris sont-ils les nouveaux arbitres de la moralité ?

En arrière-plan : La concurrence

Ce projet législatif clarificateur de la bioéthique, formulé dans l’environnement que je viens d’évoquer, me paraît plus inquiétant que rassurant, plus adaptateur que penseur, plus opportuniste que fondamental. [2]

En sous-main de ce débat la concurrence, si elle n’est bien sûr pas évoquée, est bel et bien présente. Le chiffre d’affaire de la procréation assistée aux Etats-unis représente plus de trois milliards de dollars. La recherche appliquée dans les domaines du génie génétique et biologique qu’elle soit strictement réalisée à des fins médicales ou plus discutablement aux recherches sur la transgenèse se pratique un peu partout dans le monde et la prise de retard dans ces domaines scientifiques pourrait handicaper la médecine de demain mais également l’avenir économique d’un état qui aurait freiné ces recherches par une bioéthique tatillonne. Cette donnée du problème ne doit pas être perdue de vue si l’on souhaite mieux comprendre les choses.

Les couples lesbiens

Il semblerait que, pour prendre en compte les aspirations légitimes de nos citoyens, le législateur étende l’autorisation de la procréation médicale assistée aux couples homosexuels féminins. Bien. Il élargirait d’un même coup les droits de l’enfant à connaître son géniteur mâle. Soit. Ceci sans obligation pour les différentes parties. Ni, si j’ai bien suivi, l’obligation pour les parents non biologiques de dévoiler à l’enfant sa véritable origine.

Bien entendu, cette libéralisation de la loi ne peux que confirmer la possibilité accordée aux couples stériles d’avoir un enfant mais cela introduit quand même un nouvel élément et de taille : Le géniteur ne sera plus le père dans les couples lesbiens, mais un inconnu étant reconnu comme tel.

Les femmes en couple homo ne se sont bien évidemment jamais gênées pour trouver un géniteur mâle auparavant quitte à élever l’enfant ainsi conçu sans déclaration de reconnaissance paternelle et avec leur compagne. On peut considérer que la future loi ne fera qu’entériner une situation existante, mais cette reconnaissance officielle d’un droit nouveau est un pas de géant pour notre bioéthique.

Un débat non contraint ?

Quelles seront les autres décisions concernant la recherche ? Je l’ignore mais je crains que ce ne soit pas uniquement l’éthique et l’évolution des consciences qui dictent la nouvelle loi. Les groupes sociaux concernés exercent de fortes pressions sur les gouvernements et attendent bien sûr l’élargissement de ces évolutions libérales. Mais l’enfant sera-t-il toujours la préoccupation première des législateurs face à ces demandes ?

De juteux marchés se profilent concernant la bioéthique et la tentation existe d’en écouter chanter les sirènes. Les lobbies n’interviennent-ils pas déjà dans les projets législatifs à Bruxelles et ailleurs ? Eugénisme, transgenèse, homme augmenté ne sont-ils pas déjà quelque part dans les tuyaux ? Aïe aïe aïe !

Bon, je n’en suis pas encore parvenu à scander en manif : "Un papa, une maman", avec les cathos les plus réacs, mais j’ai malgré tout l’impression que les changements de société se font en dehors de moi par glissements successifs et que les législateurs, dans leur volonté affichée de servir les évolutions de la société risquent de nous engager sur des chemins quelque peu chaotiques...


[1Extrait du portail Wikipédia.

[2Ceci malgré que je n’en connaisse pas la totalité mais seulement ce qui s’en dit dans les médias.