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Certitudes incertaines...

dimanche 5 mars 2017, par grand-Pierre

Se tenir informé nous donne l’impression générale de connaître les évolutions en cours et les grandes lignes de l’actualité mondiale.

Les faits

Nous absorbons chaque jour, du moins pour certains d’entre nous, une quantité déterminée d’informations diverses, allant de la mort du chat de la voisine à l’émergence de la puissance chinoise en mer de Chine.

Or, si voisine et Chine riment ensemble, le niveau hiérarchique de ces deux informations n’est pas le même. Cela dépend de qui cela concerne et la pauvre voisine regrette bien plus la disparition de son chat que la captation des îles Senkaku par le régime de Pékin.

En cette époque troublée par la déstabilisation du moyen-orient, nous sommes interpellés, et c’est bien normal, par les scènes de guerre et les flux migratoires incontrôlable qui viennent battre comme une mer déchaînée aux portes de l’Europe.

La loupe médiatique

 [1] L’impact est considérable et les peurs, peur d’une invasion, peur de l’autre etc. influent sur le discours politique et déstabilisent finalement l’Europe elle-même. Breksit oblige, les conflits moyen-orientaux pourraient contribuer à la désintégration de l’Europe bien que ce ne soit pas hélas le seul problème que rencontre celle-ci.

Cette focalisation que l’on pourrait symboliser par l’objectif d’une caméra de télévision, s’est accrue considérablement avec les progrès technologiques apportés aux moyens d’informer et le temps réel devient désormais la règle pour tout reportage.

A l’image de lionnes s’acharnant sur une carcasse, les télés font leur travail à Mossoul ou a Lampedusa et relatent le calvaire de ces populations déplacées par la guerre. Situations qui trouvent un écho chez nous car le temps n’est pas si loin où les français connurent l’exode sur les routes devant l’avancée des troupes allemandes.

Les chiffres

Madame Nikola Sander, professeur à l’université de Vienne a récemment travaillé avec son équipe sur la quantification des flux migratoires dans le monde. Quelle n’a pas été sa surprise quand les résultats furent décryptés, de constater que sur les cinq dernières années seulement 0,6% de la population mondiale avait migré ce qui se révélait être bien en deçà de ses prévisions. [2]

Encore plus surprenant : Ce nombre de 0,6% serait constant depuis 1995 !!!

Elle explique elle-même cette surprise par le fait que nous focalisons sur une information en boucle, certes bien réelle mais si abondante que notre perception du monde en est modifiée. Mais les faits sont là : Ni plus ni moins de migration dans le monde qu’en 1995.

Surpopulation

De même, les évaluations en matière de démographie varient énormément et certains scientifiques, comme le professeur Wolfgang Lutz, [3] dénoncent une croissance estimée par d’autres comme étant régulière, voir exponentielle. Croissance qui amènerait l’humanité aux alentours de 9 milliards à l’horizon 2100. Certains démographes estiment pour leur part que le nombre de 12,5 milliards d’humains à cette époque correspondrait à la montée en puissance de la démographie africaine.

Lutz estimait lui que l’évolution des mœurs, l’éducation etc. allaient changer la donne et qu’en 2200 la terre ne porterait (ou ne supporterait) plus que 4 milliards d’habitants ce qui correspond aux chiffres cités comme la meilleure référence possible par les écologistes.

Nous sommes un peu, vis à vis de l’information et des médias, comme des papillons sur la lumière... Dès que le jour se lève, on peut voir un peu plus loin que le bout de son réverbère.

Merci professeurs viennois, qui par vos recherches nous donnent à réfléchir avec un peu plus de recul que nos médias paniqués ne nous le permettent.


[1Sculpture : Bruno Catalana

[2La population mondiale serait actuellement selon les chiffres de l’ONU de 7,43 milliards d’habitants.

[3Disparu en 2010 ; Nutritionniste - Université de Vienne