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Chemins de randonnée

Un atout de notre territoire

vendredi 13 mai 2016, par grand-Pierre

Les randonneurs apprécient les itinéraires cévenols et représentent une niche économique non négligeable pour la région.
Encore faut-il qu’on les autorise à passer !

Le vieux campeur

La silhouette du Vieux campeur, barbu au mollet rude et au sac volumineux, n’est plus de notre temps et fait désormais partie du folklore. Aujourd’hui dix-huit millions de français randonnent et plus d’un million pratiquent la grande itinérance sur plus de cinq jours.
Ils sont équipés de chaussures et de vêtements techniques et le GPS en main, ils s’adonnent à une pratique sportive excellente pour la santé et le moral.
Cet engouement actuel a son origine dans le stress lié à la vie urbaine, le rythme du travail dans les entreprises, le besoin de retrouver la nature et d’admirer de splendides paysages. Certains se ressourcent ainsi profondément.
Le fait que ce sport soit encore abordable aux petits budgets entre bien entendu aussi en ligne de compte mais nombreux sont aussi les seniors aisés à le pratiquer.

Un chemin n’est rien d’autre qu’une ligne rouge sur une carte

La Fédération française de randonnée, avec ses deux-cent-mille adhérents et ses vingt-mille bénévoles accomplit une tâche énorme en gérant le stock de GR et de PR sur tout le territoire français. Mais elle n’y suffirait pas seule et les collectivités rurales assument également une part importante de ce travail d’entretien des chemins et de leur balisage.
Peu de gens savent que ces chemins balisés, qu’ils soient GR ou non, ne sont pas forcément des chemins ruraux et qu’ils traversent très souvent des parcelles privatives. Une convention est alors passée avec le propriétaire afin d’autoriser le passage et d’en garantir l’usage par la couverture d’une assurance.
Bien évidemment le propriétaire reste maître des lieux et cela peut amener en cas de conflit avec certains usagers à la dénonciation de cette convention.
Or, si une seule parcelle n’est plus praticable pour les randonneurs suite à cette dénonciation, c’est tout le tronçon du parcours qui est alors condamné !
De là la grande volatilité des itinéraires, toujours à la merci d’un incident avec un randonneur ou de la mauvaise humeur d’un propriétaire.

Le réseau

L’intérêt de chaque territoire de développer des réseaux de chemins randonnables est évident. Si le pays s’y prête, cela renforcera l’attractivité locale et aura fatalement des retombées économiques. Sachez qu’un randonneur en itinérance dépense 15% de plus qu’un estivant. Mais les estivants eux aussi randonnent à la journée et apprécient de disposer d’un réseau d’itinéraires.
Le RLESI est un nom barbare pour désigner le réseau d’itinéraires du Pays viganais dont le cartoguide sera bientôt édité. Cela représente un gros travail, des élus, des services et et un certain investissement pour rémunérer le travail des prestataires.
Un maillage des itinéraires entre eux permettra de randonner en boucle avec des connections aux intersections.
Les parcelles privatives ont été recensées pour proposer aux propriétaires une convention de passage.

Incompréhension

Sur notre commune du Vigan, environ quatre-vingt pour cent des propriétaires, selon notre source, auraient refusé cette convention. Plusieurs itinéraires intéressants à plus d’un titre ne seront donc pas balisés ni cartographiés.
Certes ces propriétaires seront assurés de ne pas être dérangés par les randonneurs ce qui relève strictement de leur droit.
Ont-ils opté pour la meilleure décision ? C’est une autre question.

Economie en berne et fragilité du territoire

Les chiffres donnés plus haut devraient nous éclairer car toute action ou décision qui prenne en compte l’avenir de ce territoire est à considérer.
Les générations se suivent mais nombreux sont les jeunes qui doivent aller faire leur vie ailleurs au risque de se retrouver sans emploi sur le secteur. (Chômage des moins de vingt-cinq ans = 19%).
Les activités touristiques peuvent représenter, si elles sont développées intelligemment, un atout important et une niche pour l’emploi. Le chemin de St Guilhem qui traverse le Vigan en est un excellent exemple et remplit les gites et les hôtels locaux.
Or le tourisme, s’il peut représenter, dans sa vocation de masse, une gêne pour les résidents, n’a qu’un impact très léger lorsqu’il s’agit de randonneurs.
Le plus souvent ces personnes sont aimables et discrètes sauf exception (pour venir confirmer la règle).
Leur opposer un refus de passage, c’est, au sens figuré, fermer une porte sur notre région et ne pas comprendre nos propres intérêts, ne pas se projeter non plus dans l’avenir.
On peut le regretter.