Le blog de grand-Pierre

Infos - états d’âme - le Vigan en Cévennes méridionales (Gard)...

Accueil > Néo-libéralisme > L’équation de Macron : PS + LR = EM

L’équation de Macron : PS + LR = EM

Et non pas E = MC² (Celle de la relativité restreinte).

vendredi 8 avril 2016, par grand-Pierre

Cette équation qui supprime les notions de droite et de gauche, Albert Einstein ne l’avait pas trouvée mais Emmanuel Macron, lui, avec En Marche (EM) l’a fait ! Midi-Libre du 8 avril 2016
Mais il y manque tout de même le d’Einstein, soit le carré de la vitesse de la lumière... On sait que les lumières sont assez mal partagées en général !

Vieilles ficelles de retour

Loin de moi le désir d’assommer mes chers lecteurs, comme on me l’a déjà fait remarquer, avec des propos velléitaires et systématiquement revendicatifs. Pourtant les contre-vérités qui nous sont servies en ce moment à longueur d’antenne me contraignent à sortir du bois.

Ne parlons pas de Macron, ni en bien ni en mal. Un autre pourrait très bien prendre à son compte la même stratégie. Il s’agit de trouver un semblant d’alternative à une politique libérale-socialiste en mal d’avenir en proposant un nouveau paradigme aux salariés ainsi qu’aux entrepreneurs, petits ou grands.

Sortie de crise par le consensus

Ni gauche, ni droite. Le consensus seul nous sortira du marasme économique. Mano a mano, el pueblo frances y el director de Amazon sortiront gagnants et le pays retrouvera le sourire dans l’abondance.

Et bien figurez-vous que je suis finalement tout à fait d’accord avec cette vision macronantielle des choses. Ces conflits du travail innombrables, ces grèves à répétition, cette opposition permanente entre le patronat et les salariés ne font que réduire notre compétitivité nationale à la peau de chagrin.

Et ces conseils de prud’hommes qui indemnisent les salariés comme à la loterie tout simplement parce qu’ils ont été virés abusivement ! C’est ingérable ! Comment voulez-vous intégrer cela à un plan social qui tienne la route ?

Enfin unis et redevenus solidaires, nous renverserions des montagnes et les agences de notation n’auraient qu’à bien se tenir. Les états qui s’amusent à pratiquer le dumping fiscal ou social contre nos intérêts en seraient pour leur frais également tandis que les capitaux afflueraient de toutes parts.

Bien entendu, un relouquage du code du travail s’impose qui le débarrassera des scories accumulées du temps où les travailleurs étaient encore représentés par les politiques. Ah si seulement on pouvait supprimer les congés payés et la sécurité sociale ; quel progrès ne ferait-on pas !

Remise à plat et nouvelle paix sociale

Finalement, le problème qui plombaient notre beau pays, ce ne sont pas seulement les conflits du travail, la succession des crises capitalistes ni le déséquilibre dans la répartition des richesses ; non, c’était la mésentente cordiale entre les patrons et les employés ! Entre la droite et la gauche on ne savait plus se parler.

Alors, pour en finir avec ce concept obsolète de gauche et de droite, il faut tout remettre à plat. Ce qui entretenait ce clivage imbécile, c’était la fâcheuse habitude de la droite (Et Marx ne me contredira pas) de s’accaparer la propriété des moyens de production, d’accumuler le capital, fruit du travail et de mettre la politique à son service.

Tandis que la gauche, c’était la défense des droits des salariés et des plus fragiles des citoyens, droits du travail notamment, face aux capitalistes possesseurs de banques et d’usines et qui en veulent toujours plus. [1] Donc, droite et gauche, si vous me suivez bien, n’arrêtaient pas de se chercher des noises.

Mais tout cela est désormais révolu, le patronat n’est plus ce monstre avide qui n’hésite pas à planquer ses bénefs à Panama. Il n’y a plus, à présent que Macron est arrivé, qu’une somme de compétences pour diriger nos entreprises. [2] Les banques ne sont plus à présent des faiseurs de crises juteuses renflouées par les contribuables mais sont désormais soumises aux états, c’est à dire à la volonté des peuples.

Sarkozy de son temps avait déjà mis un terme au scandale des paradis fiscaux et ne perdons pas de vue que l’ennemi de François Hollande en 2012 c’était la finance.

Comme au pôle nord

Comme au pôle, lieu où les points cardinaux n’existent plus, au centre de l’hémicycle parlementaire il n’y a plus d’opposition droite/gauche. Ce Macron a certainement dû rencontrer Jean-Louis Etienne... Ou bien relire les discours de Jean Lecanuet, En Marche pour la présidentielle de 1965 ! [3] Epoque bénie des trente glorieuses...

Et la propriété des moyens de production me direz-vous ? Mais c’est de l’histoire ancienne ! Monsieur Macron vous l’a bien dit : Ni droite ni gauche. Vous ne comprenez donc rien ?

- Tous ensemble ! tous ensemble ! - ouais !
- Tous ensemble ! tous ensemble ! - ouais !


[1Quizz : Quelle est cette moyenne entreprise viganaise dont les employés n’ont pas été augmentés depuis plus d’une décennie et qui refile toujours plus de boulot à ceux qui survivent encore ? Si vous répondez juste vous gagnez une paire de bas.

[2Certes, ces compétences sont souvent très bien rémunérées mais c’est la loi du marché ; on y peut rien.

[3Notez le rouge vif de son affiche de l’époque.