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La musique et l’ami

mardi 2 février 2016, par grand-Pierre

Pavillon grand ouvert, mon oreille guette le son harmonieux qui va suivre, après celui-ci et après celui-là, après le do, après le la. Après le pizzicato ou le col legno, son de bois et d’autrefois.

Les portées, pointées de fines hachures noires filent sur la partition et se prolongent, toujours glissant vers l’horizon, l’horizon musical d’une ancienne guitare, d’un violon lamantin peut-être ou d’une harpe cristalline.

Sur la piste de mon logiciel, les graphiques des sons fraîchement enregistrés avancent au rythme de la musique et balaient la piste, coupés parfois par de brefs silences.

Leur mélodie n’est qu’une suite, une fuite de notes. N’est que l’instant fragile et éphémère, le temps d’une noire ou le temps d’une blanche. Le temps qui roule et qui passe si harmonieusement en musique, sourd au monde et à la vie qui l’entoure.

J’attends impassible ce tempo mélodieux qui ramènera la prochaine note à mon oreille plus sûrement et aussi régulièrement que la vague ne le fait contre le rocher du littoral. La note exacte, celle dont j’espérais qu’elle m’arrive depuis un océan wagnérien mugissant ou bien, se faisant soudain timide, depuis le flageolet de Papageno.

Blottie au creux d’un son mélancolique, une image voilée prend place enfin sous ma paupière. L’image d’un que j’aimais beaucoup et qui n’est plus. A jamais disparu.

Peu m’importe qui, peu m’importe pourquoi ou comment, peu m’importe le musicien qui écrivit pour moi sans le savoir. Une messe ? Une marche militaire ? un aria ? Une sonnerie de la Saint Hubert ? Pourquoi pas après tout. Je me fiche des origines, des contextes, des éventuels messages. J’emplis seulement mes sens de la beauté qui passe et je plane au-dessus de ma pauvre petite peine et de cet hiver aussi gris que doux.

Un contrepoint c’est tout.