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Élections en Grèce : La fin d’une certaine Europe ?

La Grèce a voté "NON" à la troïka en se tournant vers la gauche radicale.

lundi 26 janvier 2015, par grand-Pierre

Éreintés socialement et économiquement par les contraintes imposées depuis Bruxelles et Berlin, les grecs ont secoué le joug hier en confiant leur leadership politique à Siryza, le parti de la gauche radicale représenté par Aléxis Tsipras.

Une bonne claque

Angela Merkel était récemment intervenue sans vergogne dans le débat électoral grec en stigmatisant les électeurs potentiels de Syriza et elle doit s’en mordre les doigts depuis car le peuple grec vient de lui renvoyer un signe fort en votant massivement pour ce parti de la gauche radicale.

Les commentaires, au vu des sondages favorables à Syriza, sont allés bon train ces dernières semaines, prédisant l’impasse de toute politique menée en Grèce autre que celle de la Troïka (BCE - FMI - UE).

A présent que la vague a passé sur le parlement de la Grèce (la nation européenne berceau historique de la démocratie), ces commentaires s’orientent vers la faisabilité incertaine des réformes portées par Syriza. Il est vrai que la tâche sera rude dans le contexte actuel alors qu’il va manquer un siège ou deux à ce parti pour pouvoir gouverner seul. Et tous de s’accorder sur le fait que des compromis importants seront nécessaires.

Le fond du problème

Mais si, pratiquement et dans l’immédiat, les renégociations de la dette grecque risquent d’être délicates, ce problème ne doit pas nous masquer l’évidence : Les remèdes de cheval imposés par ses créanciers à l’état grec ont mené ce pays à la catastrophe. Non seulement le peuple grec et ses citoyens les plus défavorisés en ont fait les frais mais le chômage est rendu à 25% et la dette ne fait qu’augmenter avec des taux pour les emprunts d’état à 9% ! Le syndrome grec, son incapacité organique à rembourser sa dette, ses services publics à terre, représentent un exemple à ne pas suivre et toute l’Europe se trouve concernée. Cliquez sur l'image pour lire la fiction sur Goldman Sachs {JPEG} On doit bien admettre que le remède a été pire que le mal...

Ceux qui pointent du doigt les carences grecques en matière de gouvernance administrative et économique (bureaucratie et corruption) n’ignorent pourtant pas que ses obligeants prêteurs ont engrangé des profits colossaux et que les balances extérieures des pays de l’Europe du nord en ont bien profité. Ils n’ignorent pas non plus que les comptes de bilan de la Grèce avaient été trafiqués par les experts de la banque Goldman Sachs pour que celle-ci puisse répondre aux critères de Maastricht et intégrer la zone euro. [1]

La BCE : Une imprimerie qui tourne (enfin) !

La BCE vient de décider de faire fonctionner en grand la planche à billets en rachetant cinquante milliards par mois de la dette (états + privés). Cela revient à remettre en cause les thèses ultra-libérales des dernières décennies face à une croissance en berne en Europe. La sacro-sainte rigueur monétaire qui profite à la rente n’est donc plus une priorité pour les grands argentiers européens. Preuve que tout peut changer... Et que tout devra de toute façon changer un jour !

Une aube nouvelle ?

Notre vieille Europe restera-t-elle indéfiniment à la remorque des États-unis [2] et soumise à la tutelle des fonds de pension ou découvrira-t-elle un jour son particularisme social et économique ? La petite nation grecque et Syriza seront-ils la semence de l’espoir qui pourrait germer dans d’autres pays ? [3] Un mouvement européen de saine régulation Keynésienne verra-t-il bientôt le jour ?

Alors, puisque l’espoir fait vivre, chantons sur un air de sirtàki avec nos amis grecs : Prolétaires de tous les pays, Syrizez-vous !


[1Il existe un gros passif depuis l’occupation allemande en Grèce. L’Allemagne avait exigé des frais d’occupation et, converti en euros contemporains, ce passif se monterait à quelques 158 Mds d’euros ! Mélenchon l’a révélé en signalant que l’on avait bien exigé de Poutine que la Fédération de Russie rembourse l’emprunt russe datant d’avant 1917 !

[3L’Espagne serait bien placée avec le parti Podemos.