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Ukrainiens : Pour quelle Europe ?

lundi 16 décembre 2013, par grand-Pierre

Le (faux) débat sur l’orientation politique choisie par le président Ianoukovitch bat son plein sur les médias.

Ah ! Que je suis heureux ! Je rajeuni à vue d’œil en entendant les commentateurs à propos du rattachement ou non de l’Ukraine à l’espace européen.

Le bon vieux temps de la guerre froide est enfin revenu avec les méchants russes et les bons occidentaux libres. Le temps des repères assumés, lorsque l’on savait de quel coté du mur on se trouvait sans avoir à se poser de questions existentielles.

Ce mur "de la honte" est tombé il y a maintenant plus de vingt ans mais les vieilles habitudes, tous les psychologues vous le diront, sont très difficiles à perdre. Les caméras occidentales se sont donc transportées à Kiev pour enregistrer les foules de manifestants pro-européens sur la place de l’Indépendance (un nom opportun) et même l’ex candidat républicain aux présidentielles des EU, John Mc Cain, vétéran du Vietnam, est descendu dans l’arène pour inciter les Ukrainien à rallier l’Europe des libertés. L’histoire étant un éternel recommencement, il aurait pu aussi bien s’écrier : "Ich bin ein Kiever !" si, bien sur, il avait été le président... de l’Union Européenne. [1]

Mais laissons là ces manifestants ukrainiens et leur président Ianoukovitch qui n’a rien d’un saint homme. Les pourparlers avec la commission européenne en vue de la signature d’un accord d’association semble en difficulté. La fédération de Russie de son coté tente de conserver l’Ukraine dans sa zone d’influence. Mais quid des européens ? Je parle de vous et de moi, simples citoyens.

La petite guerre froide actuelle se joue et se décide au sein de la commission. L’Europe, secondée par une presse coopérative, manœuvre sans consulter les européens et les tractations qui se déroulent dans son arrière-cuisine ne les concernent malheureusement pas.

Ouvrir nos marchés du travail à un pays où une enseignante gagne trois-cent euros par mois, est-ce d’une urgence absolue ? Autre chose : Y a-t-il un espace dans nos médias à propos du rapprochement avec l’Ukraine, consacré à cet aspect du débat ? Il faut lire le Canard Enchainé pour apprendre que cet état est au bord de la banqueroute et que la corruption y est la règle, que la justice est aux ordres.

Est-ce pur égoïsme que d’envisager l’impact d’un rapprochement avec l’Ukraine sous l’angle du dumping social, alors que nous connaitrons selon l’INSEE un chômage à 11% en 2014 ? Le célèbre plombier polonais de monsieur Bolkenstein ne nous suffit-il pas ? [2]

Dans le même temps où la Grèce est stigmatisée pour sa dette et sa corruption administrative, nous ouvririons nos bras à l’Ukraine qui est peut être encore plus mal en point ! Cherchez l’erreur !

L’Europe est gouvernée à droite, par des commissaires de droite et des parlementaires majoritairement de droite. La stratégie de l’extension de sa zone d’influence et de libre-échange reste prioritaire. Combien de décennies faudra-t-il pour qu’elle se démocratise et échappe au contrôle en sous-main des oligarchies et de leurs lobbies ?

Les manifestants du Front de gauche à Paris le premier décembre n’étaient pas moins nombreux pour exiger la "révolution fiscale" que ceux de la place de l’Indépendance à Kiev. Manuel Valls, notre brillant ministre de l’intérieur, en a décompté quelques milliers seulement et les médias de l’hexagone ont vite tourné la page...

Tout dépend de quel coté du mur de... l’argent on se trouve.


[1Au fait connaissez-vous le nom de l’actuel présdent de l’union européenne ?

[2Il est déjà là depuis longtemps sous couverture de contrats intérimaires avec des agences basées ailleurs en Europe et qui rétribuent leurs salariés au taux horaire de leur pays d’origine