General Motors Strasbourg : Echangerais droits acquis contre boulot...
Pour pouvoir conserver leur emploi, des conditions toujours plus drastiques sont imposées par les américains aux salariés de l’usine de Strasbourg de General Motors .
L’actualité me donne hélas une fois de plus l’occasion d’enfoncer les portes ouvertes ; mais répéter les choses permet de mieux les mémoriser...
La Motors Liquidation Company chargée de la revente du site General Motors de Strasbourg exige des salariés locaux de renoncer à leurs droits et leurs acquis afin de conserver l’activité de l’usine et leur emploi. On est en droit de poser la question suivante : Au regard du droit du travail, ces exigences ont-elles un caractère légal ? Qui protège les droits codifiés des salariés ?
Suppression de 6 jours de RTT sur 16, gel des salaires et abandon de l’intéressement pendant deux ans - Telles sont les exigences de la compagnie dont le capital est détenu à 60% par l’état américain. Ces conditions ont été approuvées, la mort dans l’âme par 70% des salariés.
Forte de cette capitulation la compagnie en rajoute alors une louche en prétendant annualiser le temps de travail et banaliser les WE. Ce qui équivaut à disposer des salariés avec une flexibilité variant de 30 à 50 heures hebdomadaires, ceci sans qu’il soit perçu d’heures supplémentaires.
Des précédents récents ont démontré que les sacrifices consentis par les salariés ne leur garantissent aucunement la pérennité de leur emploi. D’ailleurs, General Motors ne leur promet rien, ne s’engage sur rien. Brader les acquis sociaux sous la menace des actionnaires ne fait qu’affaiblir d’avantage les positions des salariés. Le fatalisme et la résignation devant l’économie "globale" et devant la rage des prédateurs financiers ne sont donc finalement pas payants.

1150 emplois, ce n’est pas rien. Ces salariés ont des familles à nourrir, des crédits à honorer. Ils sont coincés et la "Liquidation Company" ne l’ignore pas.
La libre circulation des capitaux, entreprise au niveau mondial par l’OMC [1] encourage la répétition à l’infini de ce scénario déstructurant socialement mais aussi très inquiétant au plan industriel et à celui des transferts de technologie.
Il autorise les investisseurs à rafler la mise sans que les états soient en mesure de réguler l’activité industrielle et économique. [2]La crise mondiale capitaliste en fond de tableau sert de prétexte à la déstructuration du droit du travail dans les pays comme le notre où une lente évolution sociale s’était élaborée [3] au cours de l’histoire industrielle.
Les gouvernements européens soutiennent activement la politique de l’OMC. Ne l’oublions surtout pas en écoutant les discours rassurants ou va-t-en guerre contre les patrons-voyous de nos édiles nationales. Et pourquoi pas lancer une bonne petite grève générale à la rentrée pour leur remettre en mémoire qu’ils détiennent leur mandat du peuple et non du G8 ? Une idée qui fait son chemin.
Bonnes vacances à tous [4] - GP

[1] Organisation Mondiale du Commerce
[2] Surtout s’ils ne le souhaitent pas !
[3] Par les luttes sociales évidemment
[4] Celles des salariés de Strasbourg ne seront pas forcément les plus sereines


